Le Collectif amiante suspendu

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Pour quelles raisons est né le Collectif amiante ?

Association composée de victimes ou ayants droit, tous bénévoles, elle demande des comptes. « Nous devons démontrer la volonté des victimes qui réclament justice pour cet empoisonnement. Dans l’enceinte de l’usine de Tréfimétaux (ex-Pechiney) pendant près de 100 ans, les salariés ont été nombreux au contact de l’amiante. Si la fermeture de Tréfimétaux en 1986 a été vécue comme un traumatisme, très vite, une catastrophe sanitaire à Dives-sur-Mer est apparue. Aujourd’hui, nous sommes plus de 450 personnes touchées par l’amiante », a annoncé vendredi soir le président du Collectif lors d’une réunion d’information. Ce dernier affirme ne pas vouloir se battre devant les tribunaux « pour les indemnisations, mais pour condamner les gens qui nous ont empoisonnés ».

Le recours devant le Conseil d’état est-il nécessaire ?

Mars 2007, l’usine est classée site amianté. Mais la cour d’appel de Nantes, en 2008, prononce son annulation, car l’état ne s’est pas défendu. « J’ai été choquée qu’il ne le fasse pas », admet la députée Nicole Ameline, présente aux débats, tout comme son collègue havrais, le communiste Daniel Paul. Conséquence, le Collectif a demandé qu’un nouvel arrêté soit pris. « Depuis mai 2010, plusieurs salariés pourraient bénéficier d’un départ anticipé à la retraite amiante », annonce le président. Mais, le Collectif se heurte au refus du ministre du Travail, « car il y a annulation de l’arrêté et qu’il faut attendre la décision du Conseil d’état. » Six salariés devaient partir en mai 2010, « ils attendent toujours et sont en fin de droits. Nous avons beaucoup de malades, il est temps d’arrêter le massacre. C’est à l’état d’assumer ses responsabilités. »

La directive européenne des maladies liée à l’amiante est-elle appliquée ?

Il existe bien une directive européenne « mais elle n’est pas appliquée dans le Calvados, souligne le président. Il faut que nos malades, atteints du cancer tel celui du larynx, du côlon et des ovaires, soient reconnus victimes de l’amiante, que le taux d’incapacité permanente partielle de 25 %, taux à partir duquel les demandes d’indemnisation des victimes de l’amiante sont prises en compte, soit supprimé. »

Les élus sont-ils mobilisés ?

Le sujet est si sensible que s’est créé un véritable front républicain autour d’une pétition. « Plusieurs centaines de députés, sénateurs et députés européens de toutes tendances politiques ont signé. » Dans la salle la députée Nicole Ameline est intervenue pour rappeler que « c’est moi qui est obtenue que quatre salariés bénéficient des mesures amiante. Je suis ici pour vous aider et faire avancer les dossiers ». Son collègue du Palais Bourbon regrette « l’application a minima de certaines directives », tout en reconnaissant « un système de santé au travail assez compliqué ». Maire de Dives, Pierre Mouraret, s’impatiente : « Tout le monde signe des pétitions, tout le monde semble être d’accord, mais au final il ne se passe rien. »

Et maintenant ?

Le jugement devrait être rendu ce mois-ci et comporte deux hypothèses Soit le collectif est débouté, soit le site divais est de nouveau reconnu comme amianté. Pour le maire, Pierre Mouraret, une chose est certaine : « Il y a urgence, trop de gens attendent et souffrent ! »