Prud’hommes de Martigues :Le procès de l’amiante a eu lieu

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Après cinq renvois, le procès opposant cinq ex-salariés d’Arkéma (Fos et Port-de-Bouc) à leur ancien employeur a enfin eu lieu Mardi matin devant le tribunal des Prud’hommes de Martigues

Ceux qui attaquent Atochem Port de Bouc, devenu depuis Arkéma, puis Albemarle et enfin Azur Chimie, se heurtent à une difficulté supplémentaire: l’entreprise originelle a passé la main à plusieurs reprises, la dernière ayant réussi à organiser la fermeture de l’usine au nez et à la barbe des pouvoirs publics. Et c’est bien là le nÅ“ud du problème.

Maurice Huc, président de l’Adevimap dénonce: « Les entreprises que l’on attaque jouent sur l’écÅ“urement des gens pour qu’à la longue, ils se désistent. Elles jouent la montre parce qu’elles ont de l’argent et qu’elles ont du temps. Contrairement aux victimes« 

La Cour de Cassation a, récemment, évalué que les victimes de maladies professionnelles subissaient un préjudice d’anxiété mais pas forcément économique. Cependant les juges ne ferment pas la porte à une indemnisation puisque la Cour de cassation renvoie les procédures devant les chambres d’appels pour que celles-ci rejugent, en leur âme et conscience. « Nous sommes satisfaits de voir que le préjudice d’anxiété est pris en compte mais nous entendons aussi gagner sur le reste, en démontrant qu’un salarié qui doit cesser son activité après avoir contracté ou dans la forte éventualité de contracter une maladie professionnelle et qui voit aussi chuter ses revenus de 35% , subit une double peine: c’est inacceptable« , ajoute Rehabi Houssine, animateur de l’Adevimap.

Après 5 reports consécutifs, l’audience a enfin pu se tenir. 5 anciens salariés de ce qui s’appelait alors Azur Chimie à Port de Bouc font valoir le préjudice économique (perte de 35% de leur salaire) lié à leur départ en retraite anticipé à cause de l’amiante.et ils réclament, pour quatre d’entre eux, 15 000 euros au titre du préjudice d’anxiété, le cinquième, déjà atteint d’une pathologie de l’amiante devra le réclamer au tribunal lors d’un jugement en «faute inexcusable de l’employeur» .

Leur avocate Julie Andreu souligne:« la responsabilité fautive de l’employeur, le manquement certain à l’obligation de sécurité de l’employeur, qui n’a pas suffisamment protégé ces salariés du risque. C’est ca aujourd’hui qui doit être incriminé, c’est ca aujourd’hui qui devra être jugé par le conseil des prud’hommes de Martigues, c’est cette responsabilité fautive».

Le jugement sera rendu le 24 février 2011.

L’Adevimap, association de défense des victimes des maladies professionnelles, présente hier à l’audience, rappelle que de nombreux autres dossiers sont en attente de jugement (prochain jugement: 17 février 2011 contre la société Agintis et Naphtachimie)

L’Adevimap remercie tous ceux, qui par leur présence au CPH de Martigues, sont venus soutenir son action et celle de ses adhérents.

RH