Le procès de l’amiante noyé dans un imbroglio juridique (La Provence)

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Ils l’attendaient depuis 2 ans, les 5 anciens d’Arkéma ont eu leur procès

Ambiance tendue mardi, dans la salle des Prud’hommes où se déroulait enfin le procès opposant cinq ex-salariés d’Arkéma à leur ancien employeur.

Le 9 décembre dernier, il avait été repoussé pour la cinquième fois. Les membres de l’Adevimap (Association de défense des victimes des maladies professionnelles) en avaient alors appelé à la justice, dénonçant « des manÅ“uvres pour retarder les décisions de la part des employeurs « .

Et des employeurs, il n’en manque pas dans cette affaire. Il y en a même tant que l’on s’y perdrait. Et pour y comprendre quelque chose, il faut remonter très loin, au temps où cette usine d’industrie chimique appartient à Atofina, laquelle la cède à Arkéma, qui elle-même la vend à la société Albemarle, puis c’est Azur Chimie qui rachète l’usine avant de se mettre en liquidation en 2009 et de fermer les portes il ya un an.

Résultat: chacun se renvoie la faute. Ce qui ne change rien à la situation de plaignants, dont l’un est aujourd’hui atteint d’une pathologie liée à l’amiante. Ces cinq anciens salariés, qui ont travaillé entre 30 et 38 ans sur les deux sites (Fos et Port-de-Bouc) sont partis en «préretraite» dite Amiante en 2008 dans le cadre de l’Acaata, accord permettant une cessation d’activité anticipée en cas d’exposition a l’Amiante-

Ils ont 10 000 fois plus de risques de développer une pathologie mortelle.

« Leur espérance de vi est réduite suite à leur exposition massive aux poussières d’amiante. Il faut savoir que ces hommes ont 10000 fois plus de risques de développer une pathologie mortelle, liée à l’amiante évidemment.. Ils sont certes partis de l’entreprise, mais ils voient aussi leur salaire amputé de 35 % ». a expliqué Julie Andreu, leur avocate. « En manquant à ses obligations de sécurité, Arkéma leur a fait courir des risques importants. Aujourd’hui cette entreprise doit compléter leurs revenus. « 

Les cinq plaignants demandent ainsi une compensation qui représenterait 35% de leur salaire (établit ‘ sur une moyenne des 12demier mois d’activité) et quatre d’entre eux réclament également des dommages et intérêts pour préjudice d’anxiété à hauteur de 15 OOO‚¬ chacun. « Ces hommes vivent au quotidien avec une épée de Damoclès sur la tête. Certains ne se rendent même plus aux examens de peur qu’on leur annonce la maladie », a ajouté Julie Andreu.

Le jugement sera rendu le 24 février prochain.

52 maladies professionnelles ont été jusqu’à aujourd’hui reconnues en ce qui concerne les deux. sites d’Arkéma.

Julia RAZIL