Maladies professionnelles : le secteur du BTP particulièrement exposé

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Deux pathologies constituent près de 93 % des 44 000 maladies professionnelles reconnues en 2007 par la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAM-TS) : les troubles musculo-squelettiques, pour 78 %, et les affections causées par l’amiante, pour 15 %. De plus, 4 % des maladies professionnelles (MP) sont des cancers, 9 de ces cancers sur 10 étant causés par l’amiante. Le secteur du BTP est particulièrement concerné.

Cette étude tombe à pic… La Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) a analysé l’exposition des salariés aux maladies professionnelles en 2007. Alors que les députés viennent de voter la réforme du régime des retraites et que les sénateurs se disent prêt à amender le texte (notamment sur les questions de pénibilité et du travail des femmes), l’étude apporte des chiffres révélateurs concernant le secteur du BTP.

En effet, les activités qui nécessitent de travailler dans des positions physiques exigeantes et pénibles exposent beaucoup leurs salariés aux TMS, comme dans la construction (revêtement des sols et des murs, réalisation de couvertures par éléments, plâtrerie ou encore peinture). Le secteur concentre à lui seul la majorité des TMS des membres inférieurs (70 % des cas), TMS qui touchent très majoritairement le genou, et une proportion importante de ceux affectant le rachis (25 % des cas, contre 10 % dans le secteur santé action sociale, dans les transports ou le commerce de détail-réparation). Les pathologies des membres inférieurs sont reconnues principalement chez les poseurs de revêtement et carreleurs (18 % des cas), les couvreurs, zingueurs (14 %), les maçons et les plombiers, tuyauteurs (10 % chacun). Les pathologies du rachis surviennent le plus souvent chez les conducteurs de poids lourds et les maçons (10 % des cas chacun)

Un risque de TMS reconnu moins élevé dans les TPE

Le risque de TMS est le plus élevé dans les établissements de taille intermédiaire, et le plus faible dans ceux de moins de 10 salariés. Il est particulièrement élevé dans les établissements de 500 salariés ou plus des industries agricoles et alimentaires (taux de fréquence de 80). Les TMS sont reconnus en majorité entre 40 et 59 ans.

Trois TMS sur quatre sont reconnus pour les salariés âgés de 40 à 59 ans. Ces salariés, en moyenne plus longtemps exposés et de surcroà®t fragilisés par l’âge, sont plus susceptibles de déclarer un TMS. Les moins de 30 ans sont les plus vulnérables dans les industries agricoles et alimentaires, particulièrement les activités des abattoirs, où leur taux de fréquence atteint 85.

Les TMS peuvent survenir rapidement après l’exposition aux facteurs de risque. En revanche, les cancers se déclarent beaucoup plus tard, car un important délai existe en général entre l’exposition à l’agent cancérogène et l’apparition de la maladie : 70 % des cancers professionnels sont reconnus à 60 ans ou après.

9 cancers sur 10 liés à l’amiante

6 300 maladies professionnelles causées par l’amiante ont été reconnues en 2007.

Ces maladies professionnelles sont parmi les plus graves. 70 % des maladies professionnelles de l’amiante sont des plaques pleurales, non mortelles. Mais un quart sont des cancers.

L’amiante est à l’origine de 9 cancers reconnus comme professionnels sur 10.

Les maladies professionnelles liées à l’amiante affectent essentiellement les hommes ouvriers (dans plus de 9 cas sur 10). Elles sont diagnostiquées après un long délai de latence et plus de 96 % des malades sont âgés de 50 ans ou plus.

Les malades ont travaillé dans un nombre restreint de professions : une victime reconnue de l’amiante sur quatre a exercé les métiers de tôlier-chaudronnier, plombier ou tuyauteur, soudeur ou oxycoupeur, ou encore maçon.

Source : batirama.com /C.J