Indemnisation: la colère des victimes de l’amiante

octobre 16, 2012 4:08 Publié par

Elles s’insurgent d’un décret visant à modifier la gouvernance du FIVA

Des membres de l’Adevimap et de l’Adeva Golfe de Fos se sont rassemblés hier devant la sous-préfecture, pour y déposer une lettre destinée au ministre du Travail.

Les associations de défense des victimes de l’amiante sont inquiètes. Et elles ne comptent pas « se laisser faire. »

Hier, une quarantaine de membres de l’Adevimap et d’Adeva Golfe de Fos s’est rendue en sous-préfecture pour transmettre une lettre au Ministre du travail, Xavier Bertrand. Objet de cette missive: le refus d’un projet de décret « visant à modifier la composition des membres du conseil d’administration du FIVA (Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante, Ndlr) en donnant plus de poids à la représentation des employeurs. »

« C’est un scandale!, lance Françoise Brunel, présidente de l’Adeva Golfe de Fos. Cette modification revient à donner la main aux payeurs sur l’indemnisation des victimes. »

Pour Maurice Huc, le président de l’Adevimap, « l’enjeu est de taille car le FIVA est l’une des principales conquêtes des victimes de l’amiante. Jusqu’à présent, son conseil d’administration était strictement équilibré entre l’état et les employeurs et les représentants des victimes. En prenant les rennes du conseil d’administration, où sont décidés les barèmes d’indemnisation, les payeurs se donnent les moyens de revoir à la baisse et de réduire le budget amiante aux dépens des victimes.

« Cette initiative a une envergure nationale puisque cette semaine, dans de nombreux autres départements, les associations du réseau d’Andeva s’adresseront aux autorités pour « une prise en compte des victimes de l’amiante ». « Chaque jour, 10 personnes décèdent des suites d’une maladie liée à l’amiante. Et des milliers d’autres vivent avec une épée de Damoclès sur leur tête », conclut Françoise Brunel.

Julia RAZI