Un beau texte pour entuber les asphyxiés de l’amiante

octobre 16, 2012 4:07 Publié par

Tous à Saint-Quentin ! Les veuves, les orphelins et malades de l’amiante

ils sont des dizaines de milliers – soutenus par leur Association, l’Andeva, qui menacent de débarquer en masse le 5 octobre pour manifester contre le maire, Xavier Bertrand.

Un dé »filé de femmes en noir et de survivants avec respirateurs et tubes, quelle belle image pour Bertrand, également ministre du Travail et de la Santé !

Pourquoi cette manif ? Parce que le gentil Xavier prépare en douce un décret modifiant les conditions d’indemnisation des victimes de la fibre tueuse. En résumé, alors que le Fonds d’indemnisation (Fiva) est administré à parts égales par les « payeurs » (Etat, employeurs) et les « bénéficiaires » (parents des travailleurs empoisonnés), le texte donnerait l’avantage aux premiers. Or certains zélés du Fiva rêvent de faire des économies.

Exemple : en plein été 2010, des administratifs modifient en secret le calcul du préjudice économique appliqué aux victimes. A la baisse, bien sà»r, et pas qu’un peu. Alerté à temps, le conseil d’administration annule l’initiative des bureaucrates, nullement habitilités à la prendre.

En mars dernier, la veuve d’un ouvrier se voit proposer, après plus de trois ans d’instruction de son dossier, une réparation de… 1500 euros. Motif : l’amiante ne serait responsable qu’à 5% du décès de son mari ! »Cette indemnisation utilisant un pourcentage de contamination, c’est du jamais vu,s’étrangle Michel Parigot de l’Andeva.Soit le lien avec l’amiante n’est pas reconnu et c’est 0 euro, soit il l’est et le barème prévoit une somme de 32 600 euros ».Soumise à temps au conseil d’administration, l’injustice aurait été réparée.

Après promulgation du décret, l’hypothèse est beaucoup moins sà»re.

Pendant que le système français tente de gruger les victimes, l’Italie innove. A Turin, où se tient le premier procès pénal de responsables de cette contamination géante, le parquet vient de requérir 20 ans de prison contre deux actionnaires d’Eternit, le géant (belgo-suisse) de l’amiante. Son équivalent français s’appelle Saint-Gobain.

Heureusement que la justice française est courtoise avec les entreprises du CAC 40.

J.F J.