L’INDECENTE PROPOSITION DE SCHMIDHEINY : Une insulte

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Le milliardaire suisse a offert 18 millions d’euros à la commune de Casale Monferrato pour qu’elle se retire du procès.

Cette offre a provoqué des réactions indignées des victimes et des organisations syndicales. Le maire de Casale, est prêt à prendre l’argent :« Rejeter l’offre sans l’évaluer serait pour la commune un acte injustifié et irresponsable ».

Tracer une croix sur 20 ans de lutte ?

« Schmidheiny n’en est pas à sa première tentative, dit Bruno Pesce. En 2007, il nous avait convoqués chez un conseiller juridique. Sur la table il y avait deux énormes plateaux de brioches et 70 000 euros pour renoncer à notre procédure judiciaire. Nous avons tout refusé, même les brioches ! Je comprends que pour la commune cette proposition semble alléchante, mais l’accepter serait tracer une croix sur vingt ans de lutte, qui ont fait de cette ville un exemple pour le monde entier ».

« D’abord la Justice, ensuite l’argent »

Romana Blasotti Pavesi, la présidente d’honneur de l’Afeva, est indignée. L’amiante d’Eternit lui a pris son mari, sa fille, sa soeur, une cousine et un neveu. Elle a reçu la visite du maire de Casale : « Je l’ai regardé dans les yeux et je lui ait dit une seule chose : d’abord la Justice, ensuite l’argent ».

« Accepter,c’est devenir complice »

Pour l’ancien maire, Riccardo Coppo, qui avait interdit l’amiante sur sa commune, cinq ans avant la loi « c’est une monnaie d’échange: je te paie, et tu renonces à représenter ta ville et ses victimes en Justice. Accepter, c’est devenir complice ».

Transformer la souffrance en opportunité économique ?

L’Afeva, la Cgil, la Cisl, et l’Uil ont pris position : « Pour la commune de Casale Monferrato, ville symbole de la lutte mondiale contre l’amiante, ville martyre avec déjà 1800 victimes parmi les ouvriers et les riverains, se retirer du procès serait accepter de transformer la souffrance en opportunité économique alors que le massacre continue ».

Trahir la mémoire des victimes pour 30 deniers ?

La nouvelle a déjà fait le tour du monde. Fernanda Gianassi, militante anti-amiante brésilienne, qui est venue à Casale et a reçu les victimes italiennes au Brésil, juge cette proposition « immorale et indécente » : « Je ne veux pas croire que le maire et les politiques de Casale Monferrato veuillent rester dans l’Histoire comme ceux qui auront trahi la mémoire des victimes pour 30 deniers».

Philanthropie ou chantage ?

L’Andeva dénonce « un sordide chantage financier présenté comme un acte de philanthropie. La commune de Casale se déshonorerait si elle acceptait pour de l’argent de se désolidariser de 20 années de combat judiciaire ».