Amiante: des préjudices indépendants de la maladie

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Ils sont treize anciens salariés de Sitube (actuelle Agentis), entreprise de maintenance industrielle sise à Vitrolles, aujourd’hui devant la juridiction prud’homale de Martigues. Soudeurs ou tuyauteurs, ils intervenaient sur des calorifuges en amiante et ont donc, durant des années, été exposés, de manière massive et fautive, à l’inhalation de poussières d’amiante.

Devant les prud’hommes martégaux, ils sollicitaient aujourd’hui une double réparation: du préjudice d’anxiété et des troubles dans les conditions d’existence. Deux préjudices qui ont pour particularité d’être indépendants de l’apparition même de la maladie. Ainsi pour un salarié qui a travaillé au contact de l’amiante, nul besoin d’être réellement atteint par un mésothéliome, un cancer des poumons ou l’asbestose pour les invoquer en justice.

Le premier, l’anxiété, fut reconnu dès le début par une juridiction prud’homale de Martigues avant-gardiste en la matière avant d’être consacré récemment par la Cour de cassation, il consiste à dédommager un salarié exposé à l’amiante pour le préjudice psychologique qu’il subit au quotidien, notamment l’angoisse de contracter la maladie ou de se rendre chez le médecin de peur que ce dernier annonce une sombre nouvelle, véritable épée de Damoclès suspendue au dessus de la tête de l’intéressé.

Quant aux seconds, les troubles dans les conditions d’existence, c’est Julie ANDREU, avocate marseillaise des plaignants, qui en donne la définition dans la video, lors de l’interview accordée aujourd’hui devant le conseil des prud’hommes de Martigues.