Amiante : les batailles du Caper 04

Publié par Laissez vos commentaires

Depuis sa création, il y a onze ans, le Comité amiante prévenir et réparer (Caper) 04 n’a jamais renoncé.

« Avec notre équipe de bénévoles, nous continuons de mener la vie dure à la direction d’Arkema, avec le Chsct Cgt de l’usine », souligne son président, René Villard.

A leur actif, la bataille pour faire reconnaà®tre que le site de Saint-Auban ­relève du décret ­99-247, gagnée de haute lutte en septembre 2009, et qui a permis à 70 personnes depuis 2010 de bénéficier de l’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante (Acaata). Seul hic : le préjudice économique subi par les salariés à la suite de ce départ, avec seulement 65 % du salaire brut… « L’employeur se refuse toujours à octroyer le complément d’indemnisation de 35 %. Mais rien n’est perdu, on va continuer à se battre », insiste René Villard.

En parallèle, un autre combat est mené depuis bientôt un an : « Nous avons décidé de demander réparation pour le préjudice d’anxiété. Cela concerne les salariés ayant travaillé sur le site d’Arkema entre 1962 et 1994 », indique le président du Caper.En effet, il a été estimé que les salariés d’entreprises qui traitaient de l’amiante se trouvaient plongés, par la faute de leur employeur, dans un état d’inquiétude permanente face au risque que ne se déclare à tout moment une maladie liée à leur travail. D’autant qu’ils sont régulièrement amenés à subir des bilans de santé et des examens médicaux réactivant cette crainte.

La démarche consistant à demander réparation pour ce préjudice se fonde sur la décision de la cour d’appel de Bordeaux, puis de la Cour de cassation, par arrêté du 11 mai 2010, d’indemniser les salariés de la société Ahlstrom, condamnés à vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête pour avoir respiré dans le cadre de leur travail cette fibre hautement cancérigène.« Nous avons réuni une commission d’anciens salariés, explique le président du Caper, afin d’établir le nombre de personnes potentiellement concernées par ce préjudice. On l’a estimé à 2 000, salariés et sous-traitants confondus. 400 dossiers ont été constitués, et une première conciliation s’est déroulée le 14 octobre dernier au conseil de prud’hommes de Digne-les-Bains. » En vain… « Les salariés vont être convoqués pour une nouvelle audience le 13 avril, précise-t-il. Et le Caper sera à leurs côtés… »

L’assemblée générale du Caper se tient le 20 janvier à la salle des fêtes de Château-Arnoux-Saint-Auban. Françoise Essayan-Donadio