Quatre anciens dirigeants du Comité permanent Amiante mis en examen

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Dans un communiqué diffusé hier, l’Association nationale des victimes de l’amiante (Andeva) se félicite de la mise en examen de quatre anciens dirigeants du Comité permanent Amiante (Cpa) intervenue, précise l’association, en fin d’année dernière.

De source judiciaire, explique l’Andeva, Dominique Moyen, ancien directeur général de l’Institut national de recherche et de sécurité (Inrs) qui imagina la création du Cpa et y siégea, Jean-Pierre Hulot, secrétaire du Cpa et dirigeant de la société de communication Communication économique et sociale (Ces), Arnaud Peirani, ancien chargé de mission au ministère de l’Industrie, ancien expert auprès de la Commission européenne et ancien membre du Cpa et Daniel Bouige, ancien directeur général de l’Association française de l’amiante (Afa) et de l’Association internationale de l’amiante et ancien membre du Cpa, ont été mis en examen par le juge Marie-Odile Bertella-Geffroy.

Le juge instructeur du dossier de l’amiante en pénal a retenu contre ces quatre personnes les griefs de « délits d’homicides, blessures involontaires et abstentions délictueuses ».

Une nouvelle encourageante, Pierre Pluta, président de l’Andeva, se félicite que, « malgré le manque de volonté politique, le dossier de l’amiante en pénal semble avancer ». Les premières plaintes déposées devant les tribunaux datent en effet de juillet 1996. Seize ans déjà ! C’est le cas, notamment, pour le dossier Amisol (Clermont-Ferrand). « Cela fait longtemps qu’à l’association, nous soulevons la question du rôle primordial qu’a joué le Comité permanent amiante dans la reconnaissance, plus que tardive, des dégâts de l’amiante sur la santé », renchérit le président de l’Andeva.

Cette structure de lobbying a en effet pendant de nombreuses années joué le jeu des patrons de l’amiante en faisant intervenir des scientifiques chargés d’instiller le doute quant à la dangerosité du matériau sur la santé de l’homme. Un rôle néfaste pour les victimes potentielles, dénoncé dès la fin des années 1970 par le toxicologue Henri Pézerat et par l’ancien député André Aschieri.