Plainte en diffamation contre un avocat des victimes de l’amiante

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Maà®tre Jean-Paul Teissonnière, qui défend des victimes de l’amiante, a dit un mot de trop.

La société Eternit ne l’a pas raté. Par Guy Savoy

En seize années de procédure contre les industriels de l’amiante, maà®tre Jean-Paul Teissonnière, l’un des avocats des nombreuses victimes du « magic mineral », était toujours parvenu à mesurer ses propos. Mais pour un mot de trop, il va être mis en examen, à la suite d’une plainte avec constitution de partie civile de la société Eternit, procédure, qui dans le cadre de loi sur la diffamation, la rend quasi automatique.

« Le procès de Turin a permis de révéler qu’Eternit était techniquement capable de se passer d’amiante dès le début des années 80, mais a continué pendant vingt ans à empoisonner les gens », déclarait Jean-Paul Teissonnière dans une interview à Télérama le 29 novembre 2011.

Un verbe jugé diffamatoire par la société Eternit, plusieurs fois condamnée pour « faute inexcusable de l’employeur » à la suite des plaintes de nombreuses victimes.

Alors qu’en France, l’affaire, au niveau pénal, s’enlise inexorablement, le verdict de la justice italienne est attendu lundi à Turin. Le procureur Raffaele Guariniello a requis, en juillet dernier, vingt ans de réclusion contre deux magnats d’Eternit en Italie, le baron belge Jean-Louis Marie de Cartier de Marchienne et le Suisse Stephan Schmidheiny.