« C’est ce que l’on appelle le «  »préjudice d’anxiété » », reconnu par la Cour de Cassation le 11 mai 2010. « 

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Ces 18 travailleurs, soudeurs ou tuyauteurs, qui ont durant des années été exposés à l’inhalation de poussières d’amiante, demandent aujourd’hui un dédommagement aux Prud’hommes. Non pas parce qu’ils sont tombés malades (ce qui peut évidemment être le cas), mais en raison du préjudice psychologique qu’ils subissent au quotidien, à savoir l’angoisse de contracter une maladie.

C’est ce que l’on appelle le « préjudice d’anxiété », reconnu par la Cour de Cassation le 11 mai 2010. Un précédent qui a ouvert de nouvelles perspectives de travail pour les associations du réseau Andeva, dont l’ADEVIMAP fait partie.

« La reconnaissance du principe de ce préjudice par la Cour de Cassation fait qu’aujourd’hui que nous n’avons plus à apporter les preuves de cet état d’anxiété subi par les salariés », explique Houssine Réhabi, l’un de ses administrateurs. « Le délibéré rendu dit bien qu’il concerne toutes les personnes qui ont été employées dans des sites classés amiante ». Ce qui est évidemment le cas d’AGINTIS (ex-SITUB). Pourtant, la plaidoirie développée par Cécile Labrunie, avocate du cabinet Tessonnière-Topaloff-Lafforgue, qui défend les salariés, s’est vue reprocher par la partie adverse de ne pas apporter les preuves de ce préjudice d’anxiété. « Comment apporter la preuve d’un préjudice d’inquiétude ? », demande-t-elle. « Ce n’est pas une situation médicale, aucun examen spécifique ne mesure le degré d’angoisse ou d’appréhension d’une personne qui craint de contracter un cancer. Par contre, vu qu’il a été établi que l’entreprise AGINTIS exposait ses salariés à l’inhalation de poussières d’amiante, qu’il est prouvé scientifiquement qu’une fois logées dans les poumons ces dernières exposent les personnes à un risque mortel certain, je défie quiconque se trouvant dans la même situation que ces 18 travailleurs de le vivre sereinement ». Voilà l’argumentaire qui a été présenté ce matin.

le délibéré sera rendu le 7 mai.

En vidéo, les explications de l’avocate Cécile Labrunie et d’Houssine Réhabi, administrateur de l’ADEVIMAP. (Interviews et images : Fabienne Verpalen).

http://www.maritima.info/actualites/justice/martigues/2381/18-ex-salaries-d-agintis-font-valoir-leur-prejudice-d-anxiete.html