Avancées dans le traitement du mésothéliome

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La cellule du mésothéliome, cancer de l’amiante, est une monstruosité de la nature. Elle résite, en effet, à sa propre mort – ou apoptose – pour laquelle toute celluleest normalement programmée.

L’apoptose, c’est « comme la chute des feuilles en automne lorsque la durée du jour diminue« , explique le Dr Laurent Poulain, chercheur au sein de l’unité »Biologie et thérapies innovantes des cancers localement agressifs » (Bioticla) du groupe régional d’études sur le cancer(Grécan), rattaché à l’université de Caen Basse Normandie.Ce professionnel de santé a peut être trouvé la parade à cette « immunité » du mésothéliome.

Les cellules de ce cancerrésistent à la chimiothérapie, notamment grâce à la protection fournie par une protéine. L’idée du Dr Poulain consiste à empêcher la production de cette protéine afin de rendre la cellule cancereuse plus vulnérable.

Il s’est inspiré pour cela de la découverte faite par 2 chercheurs américains,Andrew Fire et Graig Mello, qui se sont vu décerner le Prix Nobel 2006 de mèdecine. Les deux mèdecins ont décrit le rôle joué par un petit élément présent dans toutes les cellules: l’Acide Ribonucléique (ARN) »interférent ». Ce dernier entrave l’action d’une autre molécule, l’ARN « messager« , qui transmet les informations génétiques à la production des protéines. « En empêchant l’ARM messager d’agir, on empêche la synthèse de la protéine antiapoptose », indique le Dr Poulain. « Ca marche dans une boite de culture. Il faut maintenant la tester sur la souris » précise-t-il.

Empêcher la prolifération.

Une autre piste, tout aussi prometteuse pour l’amélioration du traitement du mésothéliome, est explorée par le Dr Philippe Icard, responsable du service de chirurgie thoracique au centre hospitalier de Caen et membre lui aussi de l’unité Bioticla.Ce dernier cherche à priver la cellule cancereuse de sa source d’alimentation.

La cellule malade consomme en effet une trés grande quantité de glucose pour ce développer.En la coupant de cette source par l’administration d’un produit, il s’agit d’interrompre la prolifération des cellules cancereuses et d’entrainer leur déperissement.

Testée avec succés dans les boites de culture, cette solution a ensuite été vérifiée sur des animaux. « Un mésothéliome humain a été gréffé à des souris. Leur durée de survie a été doublée », relate le Pr Philippe Icard. Autre résultat positif: « Quand cette privation d’alimentation est couplée à la chimiothérapie, celle ci devient plus efficace », note-t-il.

Désormais, ces résultats doivent être expérimentés en situation réelle. »Nous devons auparavant répondre à de nombreuses questions », tempère le Pr Icard.Les chercheurs doiventpar exemple s’assurer de l’absence de toxicité générale du produit utilisé pour restreindre l’alimentation des cellules cancéreuses en glucose.

Ces 2 projets représentent un espoir pour les personnes atteintes de mésothéliome dans une région, la Basse Normandie, particulièrement touchée par le cancer de l’amiante.