Veuves et victimes de l’amiante: «Nous n’accepterons jamais une justice muselée qui protégera les empoisonneurs»

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Sur le principe qu’une image vaut mille mots, l’Association régionale de défense des victimes de l’amiante a organisé, hier matin, «une mise en scène» à l’occasion de la vingtième marche des veuves et des victimes.

«Nous n’accepterons jamais une justice muselée qui protégera les empoisonneurs. Une justice telle que celle que nous avons caricaturée ne peut susciter ni la confiance, ni le respect.» Devant 220 manifestants, Pierre Pluta a de nouveau enfourché l’un de ses chevaux de bataille préférés : oui au maintien du juge d’instruction indépendant doté de moyens suffisants pour mener à bien ses enquêtes ! Le président de l’ARDEVA estime que la suppression des magistrats instructeurs voulue par Nicolas Sarkozy constituerait le coup de grâce porté aux dossiers pénaux «sensibles et gênants». Selon lui, on ne saurait imaginer les confier aux procureurs de la République hiérarchiquement soumis au pouvoir politique.

«Monsieur le président, monsieur le juge, a déclaré Pierre Pluta à l’adresse des «héros» du jour, depuis le 15 décembre 2004, jour de la première marche des veuves et des victimes, la France compte 19 600 morts de plus à cause de l’amiante. Il ne s’agit pas de morts naturelles, mais d’empoisonnements.» Depuis février 1996, date du dépôt des premières plaintes à Dunkerque (conclues par un non-lieu, mais suivies par d’autres), l’association réclame un procès pénal. Toutefois, l’instruction ne prendrait fin, au mieux, qu’en 2014… Une lettre pour le président.- Pour la quatorzième fois, une veuve – Nadine Asaert, de Warhem – a déposé à la sous-préfecture une lettre destinée au président de la République (voir notre édition de mercredi). Au nom de son époux, Pascal, décédé à 56 ans, elle réclame justice. «Le calvaire et les souffrances atroces de mon mari qui ont abouti à sa mort exigent que les empoisonneurs soient jugés comme tous ceux qui ont contribué à cette catastrophe sanitaire qui fait 10 morts par jour en France dans l’indifférence des médias et du pouvoir politique.» Les trois prochains rendez-vous.- Trois représentants de l’association nationale ANDEVA dont Pierre Pluta sont reçus ce midi au ministère de la justice, à Paris. Ils poseront à leurs interlocuteurs une question qui leur semble cruciale : «Pourquoi voulez-vous que le magistrat en charge des enquêtes soit dépendant du pouvoir politique ?» Jeudi, à 14 h, veuves et victimes se rassembleront une nouvelle fois à Douai pour protester contre la baisse du montant des indemnisations que la cour d’appel leur accorde.

Le jeudi 29 avril, à 10 h, elles se retrouveront pour la vingt et unième marche autour du palais de justice de Dunkerque.