5.000 à 10.000 cancers par an auraient une cause professionnelle

octobre 11, 2014 11:19 Publié par Laissez vos commentaires

5.000 à 10.000 cancers par an auraient une cause professionnelle

LEÏLA DE COMARMOND

 Le scandale de l’amiante n’a pas provoqué de sursaut pour la prévention sur les risques professionnels notamment liés au cancer.

Cette évaluation de l’Institut national de recherche et de sécurité, révélée par le mensuel « Santé & travail », est au moins trois fois supérieure aux cancers professionnels reconnus par la Sécurité sociale.

Le scandale de l’amiante a fait prendre conscience des dangers de l’exposition des salariés à des substances cancérogènes. C’est devenue un sujet de santé publique et médiatique. On aurait donc pu penser que cela provoquerait un sursaut de prévention et partant de là, une nette baisse des risques. Sur ce plan, les résultats de la dernière enquête Sumer sur les risques professionnels réalisée par la Dares et la Direction générale du travail (DGT) publiés en septembre 2013 avaient montré qu’entre 2003 et 2010, la proportion de salariés exposés à au moins un produit chimique cancérogène avait diminué, passant de 13 % à 10 % sur le secteur concurrentiel et les hôpitaux publics. Une bonne nouvelle, même si l’évolution des effectifs en valeur absolue en relativisait l’ampleur puisque le nombre de salariés concernés n’avait que peu diminué en sept ans, passant de près de 2,4 millions à 2,2 millions.

Silice, benzène, amiante

Les statistiques que s’apprête à publier l’Institut national de recherche et de sécurité révélées ce lundi par la revue « Santé & travail », qui doivent être présentés lors d’un colloque organisé fin novembre par cet organisme sont a contrario inquiétantes. L’INRS a comptabilisé en 2012 entre 4.800 et 9.500 cancers professionnels – c’est-à-dire qui sont la conséquence directe de l’exposition à un risque physique, chimique ou biologique, ou qui résulte des conditions dans lesquelles le travailleur touché exerce son activité professionnelle. Selon ses estimations, de 2 à 9 % des cancers du larynx et du poumon chez les hommes seraient par exemple attribuables à la silice, de 2 à 28 % des cas de leucémie seraient dus au benzène et 3.600 à 4.700 cancers seraient liés à l’amiante.

Le contraste est saisissant entre ces chiffrages et le nombre de cancers reconnus comme maladie professionnels par la Sécurité sociale : moins de 1.700 dont la quasi-totalité liés à l’amiante.