6 associations et 22 riverains réclament l’ouverture d’une information judiciaire pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui.

juillet 3, 2020 2:17 Publié par

Face au laxisme des autorités sur la pollution du littoral sud, six associations et 22 riverains réclament l’ouverture d’une information judiciaire pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui.

L’Union Calanques Littoral, le Comité Santé Littoral Sud, SOS Nature Sud, les Naturistes Phocéens, le CIQ Sainte-Anne et 22 riverains ont déposé, ce mardi après-midi, par l’intermédiaire de leur avocate Julie Andreu, une plainte collective contre X auprès du procureur de la République de Marseille pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui.

« Une pollution prégnante et avérée »

« Rien n’a été fait pour protéger et sécuriser des sites fortement pollués. Cela fait des années que tout le monde sait que les sols sont fortement pollués à l’arsenic, au plomb, au mercure, au cadmium, à l’amiante avec des seuils largement dépassés », décrit Me Julie Andreu qui espère l’ouverture d’une information judiciaire qui pourrait être confiée aux magistrats du pôle santé publique.

A ses yeux, les pouvoirs publics n’ont pas respecté leur obligation d’information, de protection et de sécurisation du littoral Sud face à l’héritage toxique laissé sur 8 sites industriels et 12 usines implantés sur à peine 4 kilomètres. « Que va-t-il se passer demain si Gingko, le nouveau propriétaire de Legré Mante, entreprend des travaux quand on voit ses 12 000m² de toiture amiantée qui se dégradent ? On a une école, un gymnase, des habitations à proximité, des touristes aux portes des calanques », énonce la juriste qui entrevoit tout à la fois « une forme de déni et une vraie volonté de masquer cette pollution qui n’est pas visible. Regardez les cheminées rampantes qui sont toujours accessibles. En dépit de cette pollution prégnante et avérée, il n’y a pas de panneau d’information et d’interdiction sur les scories de la plage de Samena, ce petit coin de paradis. Le danger est réel. »

Pour l’Union Calanques Littoral, « la logique de Ginkgo, c’est d’avancer son projet immobilier avant même de dépolluer. On a l’impression que les études pour la dépollution piétinent mais on a senti qu’ils voulaient passer un permis de construire avant les élections », observe Renée Dubout, vice-présidente de l’Union Calanques Littoral. « Nous voulons un projet qui mette en relief la mémoire ouvrière de ses usines », ajoute Jacky Plauchud.

Membre de Santé Littoral Sud, Christine Juste (EELV) nouvellement élue en mairie des 6-8, déclare vouloir avec cette plainte, « ramener autour de la table les pouvoirs publics, le préfet, les collectivités et pas seulement le propriétaire qui est à la fois promoteur et dépollueur ». Les Naturistes de Provence sont là. « On s’inquiète de l’atteinte à la nature, de la pollution, du bétonnage du littoral. On veut préserver ce parc naturel des projets privés qui apportent de la circulation routière sur le secteur », défend Bruno Saurez, son président.