Le suivi médical des travailleurs retraités est lacunaire en Europe souligne une étude syndicale

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Les réformes des retraites menées en Europe se traduisent souvent par un allongement de la durée de travail au-delà de 60 ans pour de très nombreux travailleurs. Le département santé et travail de l’European Trade Union Institute (ETUI-REHS) publie les résultats d’une étude de l’Union confédérale des retraités CGT (UCR-CGT) sur cette question: quelles conséquences aura cet allongement des carrières sur la santé des futurs retraités et leur qualité de fin de vie? L’ «étude sur le suivi, la reconnaissance et la prise en charge des maladies d’origine professionnelle après le départ en retraite», publiée sous le titre La santé tout au long de la vie: le bien vieillir est indissociable du bien travailler, analyse des réponses à un questionnaire proposé à des retraités français mais aussi à cinq Fédérations syndicales de retraités actives dans des pays européens.Ce questionnaire porte par exemple sur la traçabilité des expositions, les difficultés rencontrées pour faire reconnaà®tre une maladie professionnelle, le suivi post-professionnel de la santé…

Le constat est clair: les conditions de travail tout au long de la carrière professionnelle ne sont pas bien suivies, pas plus lors d’un changement d’entreprise car les dossiers médicaux ne suivent pas d’un service de médecine du travail à l’autre. Il n’y a pas de coordination entre les médecins et la médecine du travail, les praticiens ignorent les conditions de travail, les produits à risques utilisés dans l’activité professionnelle… «Il semble que les médecines générale et hospitalière ne fassent pas systématiquement le lien entre l’état de santé des patients et leurs conditions de travail et ce d’autant plus que le salarié est âgé», souligne le rapport.

Ce manque de coordination semble général en Europe et les auteurs demandent donc l’amélioration des systèmes de traçabilité des expositions à des produits dangereux , lesquels, quand ils existent, sont de toute façon mal respectés par les employeurs. Même chose pour le suivi post-professionnel des retraités qui ont été exposés à des agents cancérogènes dans leur travail.

L’UCR-CGT liste plusieurs propositions-revendications pour améliorer notablement la situation: – Assurer une continuité dans la surveillance médicale: pendant la vie active; au moment de la retraite. – Promouvoir l’application de la réglementation en matière de santé et sécurité au travail. – Organiser la traçabilité des expositions et des conditions de travail. – Assurer la traçabilité des travailleurs mobiles. – Toutes les conditions de travail, sources éventuelles de maladies professionnelles, doivent être consignées, et pas seulement celles qui sont officiellement reconnues comme telles au jour d’aujourd’hui. En effet, de nombreuses conditions de travail ne sont pas encore reconnues comme à l’origine de maladies professionnelles même lorsqu’il existe de fortes présomptions. – Compléter les listes de maladies professionnelles.

Le rapport complet (24 pages): http://hesa.etui-rehs.org