Amiante: consensus pour recommander un meilleur suivi post-professionnel

Publié par Laissez vos commentaires

Cela faisait plus de dix ans – en 1999 – que la dernière conférence de consensus sur l’amiante avait formulé les circonstances, bien minimales, d’un suivi post-professionnel amiante. Au demeurant, celui-ci, dans les textes, existe en France depuis 1993. Fortement conditionné par la présentation d’une attestation d’exposition que l’employeur devait fournir à ses salariés supposés avoir été exposés à la fibre mortelle, ce suivi, pour primordial qu’il soit, a, ces dernières années, montré ses insuffisances. En effet l’expérience des associations de victimes montre que non seulement cette attestation d’exposition n’était que très rarement délivrée spontanément par les employeurs mais qu’il fallait en général s’acharner pour l’obtenir… sans être franchement sà»r du résultat.

Aujourd’hui, la Haute autorité de santé (HAS) qui a réuni en janvier une commission d’experts pour revoir le sujet – commission au sein de laquelle a siégé Michel Parigot pour l’Association nationale des victimes de l’amiante (Andeva) – présente ses conclusions en quelque 33 recommandations[1].

Cette commission d’audition était composée de quinze membres: Société française de médecine du Travail, Société de pneumologie de langue française, Société française de radiologie, Regroupement des sociétés scientifiques de médecine générale, Société française de santé publique, et victimes représentées par l’Andeva.

Michel Parigot, vice-président de cette commission d’audition, s’est félicité du consensus qui s’est dégagé parmi les experts, «à la fois sur le constat de la situation et sur ce qu’il faut faire». Une unanimité, selon le responsable associatif, «aussi importante que le contenu des recommandations».

Les chiffres sont éloquents sur les manques du dispositif actuel: on estime en effet qu’à peine 10% du nombre de salariés qui seraient en droit de le réclamer en bénéficient effectivement. Toutes les catégories de salariés du secteur privé, de l’agriculture et de l’artisanat y ont droit. Depuis l’an dernier, tous les personnels enseignants et non enseignants de l’Education nationale peuvent aussi faire valoir leurs droits à ce suivi post-professionnel. Chômeurs, précaires sont également concernés, mais souvent, de fait, rarement inclus dans l’actuel dispositif, faute de preuves d’exposition.

On estime que le scandale de l’amiante aura causé 100 000 morts sur plusieurs décennies. De très nombreux travailleurs aujourd’hui – ou bientôt – retraités vivent avec ce risque. Le suivi post-professionnel est donc un enjeu majeur, reconnaà®t le rapport de la commission. A double titre: à la fois sur le plan médical mais aussi sur le plan social. Reste à faire entrer en application ces recommandations qui, pour l’heure, ne sont que vÅ“ux pieux. La balle est dans le camp des pouvoirs publics