Prud’hommes de Martigues le 12 Novembre 2009

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L’Adevimap portait cinq dossiers hier aux Prud’hommes

Hier matin, la CGT, l’Ademivap et leur avocate, Me Andrieu, ont fait le point sur le dossier de cinq victimes de l’amiante chez Arkema.

Pour les victimes, c’est devenu une habitude. De renvoi en renvoi, les procédures à l’encontre des employeurs qu’ils suspectent de les avoir mis, sciemment, en danger en les exposant à l’amiante mettent parfois plusieurs années avant d’aboutir.

Hier, l’affaire qui devait être jugée au tribunal des Prud’hommes a été… renvoyée au mois de mars prochain. Pas de quoi, toutefois, abattre les plaignants de l’Association de défense des victimes des maladies professionnelles (Adevimap) de l’Ouest de l’étang de Berre.

L’objet de ce nouveau combat visait à obtenir une juste indemnisation du préjudice subi par d’anciens salariés d’Arkema Port-de-Bouc (racheté par Albemarle puis Azur Chimie) partis dans le cadre d’un accord permettant une cessation anticipée d’activité en cas d’exposition à l’amiante (Acaata). « Dans le cadre de cet accord, le salarié exposé à l’amiante, a déjà une espérance de vie réduite de six ans. Il peut partir mais, en plus, il se voit amputé de 35% de son salaire, précise Maurice Huc, président de l’Ademivap. C’est inconcevable. »

Maà®tre Julie Andrieu, leur avocate, appuie. « En manquant à ses obligations de sécurité, Arkema a fait courir des risques importants à ses salariés, il faut aujourd’hui que l’entreprise complète les revenus de leurs anciens employés. Dans ce dossier, cinq salariés sont concernés et l’un d’eux a, le jour où il est parti, développé une pathologie liée à l’amiante. »

Complexes, ces procédures aboutissent souvent en faveur des plaignants. D’autant que les tribunaux peuvent fonder leurs jugements sur une jurisprudence favorable notamment au regard de dossiers jugés en 2008 à Paris et Bordeaux. Reste que l’attente peut paraà®tre insupportable. Surtout lorsque les jours des victimes sont parfois comptés.

50 Dossiers

Créée en 2002, l’Adevimap a saisi le conseil des Prud’hommes de Martigues pour faire valoir le préjudice économique de 50 anciens salariés d’entreprises du pourtour de l’étang de Berre, du Golfe de Fos et de la région marseillaise. L’association aurait, en instruction, plus de 300 dossiers concernant l’amiante.

Par Stéphane Rossi ( srossi@laprovence-presse.fr )