La 22e marche des veuves de l’amiante, entre détermination et triste comptabilité

Publié par Laissez vos commentaires

Une triste comptabilité: depuis le 15décembre 2004, date de la première marche … des veuves de l’amiante, 20 440 personnes en France sont décédées d’une maladie liée à l’amiante. «Soit 410 personnes qui ont perdu la vie depuis notre dernière marche, le 29 avril, ajoute Pierre Pluta, président de l’ARDEVA (Association régionale de défense des victimes de l’amiante).

Et aujourd’hui, ce sont 10 personnes qui vont encore mourir de l’amiante.»

Lettre au Président Hier, la 22e «marche des veuves» a regroupé environ 130 personnes – un peu moins que d’habitude – devant le Palais de justice de Dunkerque, puis place de la République. Sur les banderoles, les slogans ne changent pas. «Nos empoisonneurs doivent être jugés sans délai», peut-on lire au côté des pancartes agrafées des photos des victimes de l’amiante : la tenue d’un grand procès pénal de l’amiante fait toujours partie des grandes revendications des victimes. La colère se rattache aussi, avec une certaine ironie, à l’actualité : «Mm e Bachelot, 100 % pour le foot, 0 % pour l’amiante».

Comme lors des précédentes marches, la lettre d’une veuve adressée au Président de la République a été lue avant d’être remise officiellement au sous-préfet de Dunkerque, Jérôme Gutton. C’est Colette Ozouf, très émue, qui a exprimé sur le papier sa souffrance et son exaspération. Son époux, Hubert Ozouf, est décédé le 31 octobre 2003, à 66 ans, d’une crise d’étouffement. On venait de lui diagnostiquer un mésothéliome, le cancer spécifique de l’amiante.

Militaire de la Marine, il avait embarqué au cours de sa carrière sur les navires de guerre Jean-Bart, Arromanches , La Toulonnaise, Foch. En raison de sa spécialité, il ava’it été amené à assurer la maintenance et la réparation des aéronefs dont les moteurs étaient calorifugés par l’amiante, et ce au cours de formations entre 1962 et 1982, sur les bases aéronautiques navales de Lartigue, Saint-Mandrier et Landivisiau. Un courrier d’un vice-amiral d’escadre, en date du 15 avril 2002, confirme tout cela. «Le premier maà®tre honoraire Ozouf a, en conséquence, été exposé aux risques présentés par l’inhalation de poussières d’amiante», conclut l’officier dans sa lettre.

«Je suis la 16e veuve de l’amiante à vous écrire, monsieur le Président (…) L’état doit rendre compte à la justice , écrit Colette Ozouf. «Nicolas Sarkozy n’a pas daigné répondre à une seule des 15 lettres qui lui ont déjà été transmises.

C’est totalement indigne !», a déploré au micro Pierre Pluta. €¢

B. C.

Les prochains rendez-vous : le 21 juin, à 17 h, salle de La Poudrière, à Leffrinckoucke, réunion publique d’information suite à une décision rendue par la cour de cassation le 11 mai sur les préjudices d’anxiété et économique le 2 octobre, à Paris, manifestation nationale de l’ANDEVA le 12 octobre (ou le 19, la date reste à fixer), à 17 h à l’Assemblée nationale, une rencontre entre les 60 associations du réseau ANDEVA est fixée avec des parlementaires pour leur redire les revendications des victimes de l’amiante : plus de moyens pour mener les enquêtes, maintien du juge d’instruction et révision de la loi Fauchon.