« Amiante : «  »le nombre de cas se stabilise » » »

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Qu’est-ce que le mésothéliome ?« C’est une tumeur qui est localisée au niveau des séreuses, ces enveloppes qui tapissent la cavité thoracique ou abdominale. Dans une majorité des cas, cette tumeur est liée à une exposition à des fibres d’amiante ».

Le nombre de cas continue-t-il d’augmenter ?« Non, on constate plutôt une stabilisation. Nous avions en effet envisagé au départ une augmentation très importante mais toutes les données d’incidence, quelles soient françaises, anglaises ou américaines, prouvent le contraire. Le seul pays où l’on constate une croissance exponentielle en ce moment, est le Japon ».

Comment détectez-vous le mésothéliome ? »Nous recevons une lame avec une petite coupe de tissu du patient. Nous la colorons pour nous permettre d’identifier les cellules. Ensuite, nous observons au microscope la désorganisation architecturale du tissu. Nous utilisons aussi la télépathologie ».

Télépathologie ?« C’est un outil de communication qui permet au laboratoire d’être en contact avec les chercheurs et les experts internationaux. Nous pouvons ainsi observer simultanément une lame avec un chercheur américain, britannique ou japonais afin d’échanger nos connaissances et mieux diagnostiquer ».

Travailler sur cette pathologie particulière qu’est le mésothéliome au coeur du CHU de Caen, lui-même amianté, n’est-ce pas singulier ?« Vous savez, c’est plutôt la Basse-Normandie qui a des problèmes avec l’amiante. Avec l’Arsenal de Cherbourg, les sites industriels d’Aunay-sur-Odon ou de Condé sur Noireau. La région est reconnue pour avoir une population exposée ».

Pourquoi, dans votre parcours professionnel, avez-vous choisi cette spécialité ?« Il y avait tout à découvrir. Peu de médecin s’y intéressaient et j’ai aimé l’idée de chercher des éléments pour détecter plus précocement cette maladie. Cette tumeur est difficile, elle a des caractéristiques particulières. C’est cette difficulté qui m’a attiré. »

Combien de cas analysez-vous par an ?« Nous analysons des échantillons de la France entière, de Nouvelle-Calédonie mais aussi d’autres pays européens. Quelques cas aussi du Canada, d’Australie ou des Etats-Unis. Cela représente 1000 cas par an. Nous en validons près de 80%, nous en excluons 7% et pour le reste, ce sont des diagnostics incertains ».