Retraite et «pénibilité»:

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Alors que le Président de la République devrait préciser ce soir la réforme des retraites en cours, la revue Santé & Travail fait le point sur un élément clé du différent entre le gouvernement et les syndicat, la pénibilité.

Le projet gouvernemental prévoit de maintenir un départ à la retraite à 60 ans seulement pour les salariés ayant une incapacité permanente partielle (IPP) pour maladie professionnelle ou accident du travail d’au moins 20%.

Ainsi, ne seraient prises en compte que les conséquences des maladies qui se sont déjà déclarées alors même que beaucoup de ces affections se développent tardivement. Les conditions de travail pénibles qui réduisent de fait la durée de vie sont exclues du périmètre.

Seraient ainsi sortis de cette « retraite-pénibilité », par exemple, les salariés soumis à des cancérogènes qui n’ont pas, à 60 ans, déclarés de cancer. Une majorité des cancers se déclarent justement après 65 ans.

Santé & Travail souligne que plus de 2,3 millions de travailleurs sont exposés à des produits cancérogènes et qu’à 35 ans, l’espérance de vie d’un ouvrier est inférieure de 6 années à celle d’un cadre. Et qu’à cet âge, sous espérance de vie en bonne santé n’est que de 24 années…

La revue rappelle enfin que les médecins du travail ont réservé «un accueil pour le moins critique» à ce projet: «Evaluer la pénibilité sur des salariés déjà cassés par leur travail est grotesque», déclare à la revue Marie Pascual, médecin du travail dans l’Essonne.