L’amiante, principale cause des cancers professionnels reconnus en Europe

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PARIS – L’amiante est la principale cause de cancers professionnels en Europe, selon une étude qui souligne que la France est le pays qui reconnaà®t le plus le caractère professionnel de ces maladies, même si le lien avec le travail est toujours difficile à déterminer.

L’amiante représente 80,7% de la totalité des cancers reconnus comme professionnels en Europe, selon une enquête menée par le groupement d’intérêt public Eurogip, portant sur 12 pays européens.

A l’exception de l’Espagne et de la République Tchèque, où ce facteur causal est plus faible (moins de 50%), l’amiante représente entre 60% (Danemark) et 95,2% (Finlande) des cancers reconnus, explique l’étude, qui se base sur les résultats fournis par les organismes d’assurance nationaux (comme la sécurité sociale en France).

Selon ces résultats, la France est le pays européen qui reconnaà®t le plus de cancers professionnels par rapport à la population assurée, soit un ratio de 10,44 pour 100.000 assurés.

Arrivent ensuite la Belgique (9,86 pour 100.000), et l’Allemagne (6,576 pour 100.000).

En dernières positions, se trouvent la République tchèque (0,85 pour 100.000) et l’Espagne (0,03 pour 100.000).

La plupart des pays européens ont développé des listes de maladies professionnelles, qui donne aux pathologies qui y sont inscrites une présomption d’origine professionnelle, et permet au salarié concerné d’être pris en charge et indemnisé.

Mais « il est toutefois admis que les cas recensés sont bien en deçà de la réalité du phénomène », note Eurogip.

Chaque pays possède ses propres critères de reconnaissance (nature de la maladie, qualité de l’exposition, profession exercée, etc.), pour déterminer si le travail exercé a pu provoquer le cancer et donc si le salarié a droit à une réparation au titre de la maladie professionnelle.

Il n’est pas facile de reconnaà®tre un cancer professionnel car le lien avec le travail est parfois difficile à établir, les cancers étant souvent multifactoriels, et ayant pour la plupart une période de latence (en moyenne 20 ans) entre l’exposition à des substance cancérogènes et l’apparition de la maladie.

On compte actuellement 422 substances identifiées comme cancérogènes certains ou possibles pour l’homme. Il s’agit de produits chimiques (produits d’entretiens, vapeurs d’essences, amiante, poussière de bois, etc.), physiques (rayonnements radioactifs, champs électromagnétiques, etc.), ou biologique (mycotoxines, etc.).

La corrélation entre certains substances et certains cancers est avérée par de nombreuses études: il s’agit notamment du lien entre amiante et mésothéliome pleural (cancer de la plèvre), entre poussière de bois et cancer des fosses nasales, et entre l’angiosarcome du foie et le chlorure de vinyle monomère (qui sert à fabriquer le PVC).

Ces cancers susceptibles d’être reconnus font l’unanimité dans quasiment tous les pays, mais pour les autres cancers, il est encore difficile de déterminer un lien formel, et les pays divergent dans leurs reconnaissance.

Eurogip a recensé cinq types de cancers professionnels les plus reconnus en Europe: les cancers broncho-pulmonaires arrivent largement en tête (86% des cancers reconnus), devant les cancers de la vessie (4%), des sinus (3%), du sang (2%) et de la peau (1%). Les cancers touchant d’autres organes représentent 4% du total.

En France, en 2010, on estime qu’il devrait y avoir 203.100 nouveaux diagnostics de cancer chez les hommes et 154.600 chez les femmes.