À Lille, des habitants d’un immeuble en appellent à la justice pour en finir avec l’amiante

août 27, 2015 2:49 Publié par Laissez vos commentaires

PAR FREDERICK LECLUYSE

Deux fois déjà que des résidents de la place Jacquard, à Lille, se rendent au tribunal pour un problème d’amiante dans leur immeuble. Le dossier a été renvoyé à deux reprises. La troisième, le 1er septembre, sera-t-elle la bonne ?

Cet immeuble compte 44 appartements. Il y a des commerces au rez-de-chaussée, et, à ce qu’il paraît, beaucoup d’amiante dans les caves!

C’est une belle bâtisse construite en 1932. Quarante-quatre appartements occupent ses six étages. On y trouve aussi des commerces au rez-de-chaussée, une très belle cour à l’italienne et, à ce qu’il paraît, beaucoup d’amiante dans les caves ! « J’y ai découvert et photographié de véritables volcans d’amiante », dénonce Francis Calvet, le président de l’amicale de la résidence Maes, laquelle rassemble des propriétaires et des locataires.

Tout commence en 2013 quand le propriétaire de la résidence, la SIA Habitat (38 000 logements sociaux dans le Nord-Pas-de-Calais) opère le changement d’une grosse chaudière au sous-sol. Compte tenu de la taille de l’engin, des calorifugeages des couloirs sont dégradés. Le mal est fait. « À l’époque, aucune information n’a été portée à la connaissance des locataires », s’insurge l’avocate de l’amicale affiliée à la CNL (Confédération nationale du logement). Le 6 janvier, la SIA écrit aux résidents qu’elle va faire procéder à des travaux de désamiantage. Deux ans après ! Francis Calvet s’étonne. « On voit bien que la poussière d’amiante est en contact direct avec l’air ambiant… Et cela depuis longtemps. »

accès interdits aux caves

Plus étonnant encore. Les membres de l’amicale découvrent que l’expertise amiante, discrètement effectuée en 2013, a classé l’ensemble des points suspects au niveau 2, c’est-à-dire « à surveiller »… Devant l’ampleur des dégradations et des poussières en suspension, l’inquiétude règne. « Pourtant, SIA continue à se montrer rassurant. Selon la direction, il n’y a pas de fibre d’amiante dans l’air, pas de pollution, pas de danger », indique Francis Calvet. Du coup, l’amicale mandate un cabinet indépendant à des fins d’analyse. Le rapport, rendu le 24 juillet dernier, confirme la présence d’amosite, un type d’amiante dans les plafonds, au sol et dans les couloirs du sous-sol. Le 27 juillet, les résidents ouvrent un nouveau courrier leur annonçant le début du désamiantage le 7 septembre. Dans quelles conditions ? Le 14 août, les accès aux caves ont été interdits par la SIA. À desseins ?

En tout état de cause, l’amicale demande au juge des référés la nomination d’un expert pour savoir. « On a peut-être mis nos vies en danger », conclut Francis Calvet.