Amiante. Est-ce qu’il y aura un véritable procès ?

avril 3, 2015 12:58 Publié par Laissez vos commentaires

L’association Aldeva a tenu son assemblée générale vendredi 13 mars. En ligne de mire : le 26 mars, jour du recours devant la cour de cassation de Paris.

par valentine godquin

Me Ledoux et François Martin ont fait le point sur les actions judiciaires en cours.

« C’est un véritable feuilleton ou marathon. Fin 2017, il faut un véritable procès de l’amiante sinon cela se terminera en eau de boudin. » Me Michel Ledoux, l’emblématique avocat de l’association des victimes de l’amiante de Flers-Condé a fait le point, vendredi au cinéma condéen le royal, lors de l’assemblée générale sur les procédures judiciaires en cours.

« Le 26 mars, ce sera la bataille suprême devant la chambre criminelle de la COUR de cassation de Paris. »

Cette juridiction doit décider si les mises en examens des patrons de sites condéens, des industriels et de responsables de l’Etat, dont Martine Aubry, sont CONFIRMÉES ou non. « Si, c’est oui, alors nous aurons un véritable procès de l’amiante en France, une affaire de santé publique, si, c’est non, il y aura un procès avec les chefs d’établissement et votre ancien médecin du travail, mais ce ne sera qu’une simple affaire d’hygiène et sécurité » poursuit l’avocat. Ce nouvel épisode parisien sera le dernier d’un long feuilleton. « C’est très important pour nous » poursuit le président de l’Aldeva, François Martin.

Reconnaissance morale

« Un véritable procès serait une reconnaissance morale, cela permettrait également d’établir les responsabilités de chacun et d’éviter d’autres drames sanitaires. S’il y avait eu plus tôt un procès de l’amiante, il n’y aurait certainement pas eu le médiator. Après le sang contaminé, le médiator, l’amiante, on a l’impression que l’on commet toujours les mêmes ERREURS. Regardez les nombreux produits cancérigènes qui sont sur le marché sans que rien ne soit encadré, comme les pesticides ».

Réponse fin avril

L’arrêt de la COUR de cassation de Paris devrait être connu fin avril, mais d’autres actions sont engagées par l’association. À l’image de l’allocation de cessation d’activité obtenue en 2014, l’Aldeva se bat pour le préjudice d’anxiété. Le ministère du travail a listé des entreprises. « Le problème, c’est quand on ne fait pas partie de ces entreprises » explique Michel Ledoux qui craint une nouvelle décision de justice encore plus contraignante. « J’ai peur que ce préjudice ne soit réservé qu’à certains postes dans ces entreprises listées… » Pour autant, de nouvelles actions juridiques seront engagées.

« Rien n’est GAGNÉ, mais nous avons d’autres cartouches ».

Un chantier surveillé de près

Aux côtés de ces actions de justice, l’ALDEVA Flers-Condé est aussi intervenu sur le dossier de démolition de l’usine du Pont de Caligny. « Nous veillerons à ce que les travaux soient réellement effectués et que les déchets soient acheminés vers des sites appropriés » explique l’association qui travaille également sur le devenir des deux autres sites : Saint-Clair-de-Halouze et Cahan. « Pour ce dernier site nous avons demandé une mise en sécurité du site, avec la pose d’une clôture et le murage des portes et fenêtres. » Autre avancée obtenue par l’association, l’étude menée par le Sirtom Flers/Condé pour la mise en place d’une collecte des déchets amiantés auprès des particuliers. « Une réponse est attendue au printemps ».

Le dernier souffle

Cette assemblée générale a également été l’occasion de présenter l’ouvrage de Vincent Desdoits, Le dernier souffle, consacré à sa grand-mère, membre de l’association, sorti depuis le début de l’année et qui raconte la présence de l’amiante dans le Bocage depuis des décennies.

L.L.