Amiante : la “faute inexcusable” de Saint-Gobain reconnue

janvier 21, 2013 7:52 Publié par Laissez vos commentaires

Me Julie Andreu, ici lors de l’audience de novembre dernier, estime que les indemnités accordées à la famille de Roger Sanchez, sont « catastrophiques ».

Sa famille demandait que la responsabilité d’Isover Saint-Gobain soit reconnue. Roger Sanchez, un Orangeois, est décédé le 3 décembre 2010, à l’âge de 69 ans, des suites d’un cancer broncho-pulmonaire reconnu comme maladie professionnelle. Car pendant des années, il a été exposé à l’amiante.

Le 29 novembre dernier, sa veuve, ses enfants et petits-enfants sont venus réclamer justice au tribunal des affaires de sécurité sociale d’Avignon. Et la décision qui vient d’être rendue sur le fond leur donne raison.

« Une victoire partielle » pour l’avocate de la famille

Au cours des 22 ans passés à Saint-Gobain Orange (de 1976 à 1998), Roger Sanchez s’est occupé du nettoyage et de l’entretien des fours à fusion. Pour approcher les 1 400 °C des machines, il portait des vêtements à base d’amiante. I l était également amené à toucher plusieurs éléments composés d’amiante, et ce, sans masque de protection et sans être informé des risques encourus. Deux dispositions pourtant prévues par un décret de 1977…

« Nous ne sommes pas là pour faire le procès de l’amiante car elle a été autorisée jusqu’en 1997, nous sommes contre un employeur qui n’a pas pris toutes les mesures pour éviter les risques » avait indiqué M e Julie Andreu, l’avocate de la famille, lors de l’audience en novembre 2012.

La “faute inexcusable” est donc reconnue comme étant à l’origine de la maladie professionnelle de Roger Sanchez, mais pour M e Andreu, du barreau de Marseille, c’est « une victoire partielle ».

Partielle, car les indemnités sont « catastrophiques » pour l’avocate. Sur les 640 000 € de dommages et intérêts réclamés, la famille a obtenu 107 500 €. Dont 22 000 € pour le préjudice subi par Roger Sanchez de son vivant. « C’est honteux », lâche M e Andreu.

Des indemnités qui ne seront pas payées par Saint-Gobain, mais par la Caisse primaire d’assurance-maladie. La famille va donc faire appel des sommes.

Contactée hier, la direction de Saint-Gobain à Paris n’a pas souhaité faire de commentaires.

 

Sandrine MICHELIER