Amiante. L’ADEVIMAP dénonce un important recul pour les victimes

février 28, 2017 11:01 Publié par

MARITIMA INFO 24/02/2017

L’ADEVIMAP réunie en assemblée générale hier soir à l’Hôtel de Ville de Martigues.

L’Association de Défense des Victimes de Maladies Professionnelles tenait son assemblée générale annuelle à Martigues hier soir. Ses membres dénoncent un important recul des procédures d’indemnisation, notamment pour les pathologies liées à l’amiante.

« Les gens n’ont plus qu’à crever », déplore Costa Xénidès. Victime d’un cancer de la vessie après 20 ans passés à travailler dans une aciérie, ce Port-de-Boucain a obtenu réparation en justice et reçu une indemnisation du FIVA*. Un scénario qui ces dernières années est devenu loin d’être évident.

« Nous sommes en train de reculer », explique Maurice Huc, l’un des fondateurs de l’ADEVIMAP. « Que ce soit au niveau de la Sécurité Sociale ou de la Justice, on commence à remettre en cause les acquis obtenus dans les années 1990. Avant les dossiers d’indemnisation étaient réglés en quelques mois, maintenant les rejets se multiplient, il y a des appels, des contre-appels, on va jusqu’en Cour de Cassation ». Et ce alors même que les maladies professionnelles sont reconnues, ce qui était jusqu’à maintenant la principale difficulté rencontrée par les victimes. « Ils considèrent que c’est un coût », reprend Maurice Huc. « Et comme il faut désormais les réduire à tous les niveaux, tout est mis en oeuvre pour freiner et remettre en cause les procédures ». La situation s’aggrave, donc, et pas seulement sur le plan juridique.

« Nous sommes désormais 555 adhérents, et avons reçu plus de 220 dossiers supplémentaires à traiter en un an », confirme Christiane de Félice, administratrice de l’association. « Les décès aussi sont en augmentation, avec 9 adhérents qui sont partis à cause de cette fibre tueuse ». Et selon l’ADEVIMAP, le « scandale » est loin d’être terminé, bien au contraire. « Il faut rouvrir le dossier, et surtout appliquer ce qu’ont dit les politiques en 1997, lorsqu’ils ont interdit l’utilisation de l’amiante », reprend l’administratrice. « En 20 ans rien n’a avancé sur l’éradication, et dans 20 ou 30 ans ce ne seront plus les travailleurs qui seront concernés, mais la population, qui avec le délitement progressif des matériaux dans l’environnement respire des fibres, qui finiront par déclencher des maladies ».

D’autres produits, comme le benzène, sont également pointés du doigt depuis leur classement par le CIRC** comme cancérogènes avérés pour l’homme, sur la base d’études épidémiologiques. Pour pouvoir sensibiliser au mieux la population, les associations de défense de victimes tentent actuellement de se fédérer au niveau européen, et ainsi peser davantage les médias.

En vidéos, regardez : L’interview de Chrisitane de Félice, administratrice de l’ADEVIMAP.

– l’interview de Christiane de Félice, <http://www.maritima.info/medias/videos//bj/defelice.mp4>  administratrice de l’ADEVIMAP,

– et le témoignage de Costa Xénidè <http://www.maritima.info/medias/videos//Diouf/costa.mp4> s, victime de l’amiante. (Images de Fabienne Verpalen)

(*) FIVA : Fonds d’Indemnisation des Victimes de l’Amiante

(**) CIRC : Centre International de Recherche sur le Cancer