Amiante : les dirigeants d’une entreprise toulousaine condamnés

juin 30, 2014 12:46 Publié par Laissez vos commentaires

JUSTICE – Poursuivis pour stockage illicite de déchets amiantés, deux dirigeants d’une entreprise de démolition ont écopé d’une peine de deux ans de prison avec sursis et de lourdes amendes.

500 tonnes d’amiante avaient été découverts en 2011 sur le site de l’entreprise Gerlero, à Saint-Alban.

Trois ans après la découverte d’une décharge d’amiante de 500 tonnes sur le site de l’entreprise familiale Gerlero & Fils, à Saint-Alban, la sanction est tombée : les deux dirigeants, Jean Gerlero et son fils Thierry, ont écopé ce jeudi d’une peine de deux ans de prison avec sursis, soit plus que les 18 mois qui avaient été requis par le parquet en avril dernier.

Le tribunal correctionnel de Toulouse les a par ailleurs condamnés respectivement à 50 000 et 30 000 euros d’amende. Leur société devra quant à elle s’acquitter d’une amende de 50 000 euros. Les deux hommes devront également dépolluer dans les trois ans leur principal site de stockage situé sur la commune de Saint-Alban. Ce premier grand procès consacré à l’amiante en Haute-Garonne s’est donc achevé par des condamnations exemplaires. Pour autant, l’affaire n’est pas terminée. Jean et Thierry Gerlero peuvent encore faire appel. D’après leur avocat, ils se décideront lundi.

Ils avaient plaidé la « bonne foi »

L’affaire avait été lancée en mai 2011 lorsque la majorité des 16 salariés avaient donné l’alerte en exerçant un « droit de retrait », invoquant la toxicité de ces produits. Ils étaient appuyés par le syndicat de la construction et du bâtiment CGT. Pour ce dernier, qui s’est porté partie civile, le patron avait « exposé ses salariés en parfaite connaissance de cause à l’amiante ». A l’été 2011, l’entreprise Gerlero avait quant à elle plaidé « la bonne foi », indiquant qu’elle avait laissé s’accumuler les stocks de produits amiantés pendant deux ans en raison de difficultés économiques.

« Ce sont des patrons voyous qui ont été sanctionnés parce qu’au départ, la volonté de ne pas respecter la règle, c’était la volonté de faire des économies. Non pas parce que la société était en difficulté mais simplement parce qu’on voulait gagner plus d’argent et plus vite », a indiqué ce jeudi Me Stéphane Rossi-Lefèvre, avocat des salariés et de la CGT.