Amiante, les victimes humiliées et en colère

décembre 17, 2015 7:55 Publié par

Par M.Montagne

 

la colère des victimes et de leurs représentants

Ils étaient venus de toute la région soutenir une douzaine de leurs camarades devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence.
Une douzaine de victimes, comme eux, de l’amiante au travail, et qui espéraient obtenir en appel la réparation refusée en 1ère instance.Mais au vu de la tournure des audiences qui se déroulées hier après-midi aux Milles (où se trouve l’antenne sociale de le cour d’appel d’Aix) et sans préjuger de la décision de deuxième instance, les choses ne se présentaient pas sous les meilleurs auspices.
Pour les associations de victimes, on assiste en effet à un véritable recul du droit des victimes. Maître Sylvie Topaloff, qui défend justement de nombreux retraités depuis une vingtaine d’années, constate par exemple que dans un passé récent, d’anciens salariés avaient obtenu du tribunal 48 000 € de dédommagement alors que leurs collègues qui œuvraient dans le même établissement, dans des conditions similaires – voire au même poste de travail – n’ont eu droit, quelques années plus tard, à aucune réparation.
L’avocate déclarait même que « aujourd’hui, les victimes de l’amiante sont considérées comme des empêcheurs de tourner en rond ». Les raisons peu avouables de cette dégradation du principe de l’égalité devant le juge sont peut-être à chercher du côté du nombre croissant de victimes recensées, un nombre qui peut faire craindre des indemnisations en cascade pour des montants astronomiques et inacceptables pour les entreprises censées les régler. Et, comme pour corroborer ce soupçon, les associations ont noté cette tendance de plus en plus répandue : les victimes de l’amiante sont désormais incitées à renoncer à un contentieux pour faute inexcusable de l’employeur aux résultats plus qu’incertains pour elles et au contraire, encouragées à se tourner vers le FIVA (le fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante), beaucoup plus prompt à indemniser mais pas forcément dans les mêmes proportions.
D’un point de vue moral, cette solution se pare d’un certain cynisme puisqu’en cas de condamnation par le tribunal pour faute inexcusable de l’employeur, c’est à l’entreprise coupable de régler l’indemnisation alors que le FIVA, lui, est financé par les contribuables dont font partie les victimes, victimes qui se retrouvent ainsi à participer par leurs impôts à l’indemnisation de leurs propres préjudices.

En vidéo, les témoignages du Martégal Jean-Michel Theret, victime de l’amiante, de maître Sylvie Topaloff, avocate d’un grand nombre de ces victimes et de Christiane De Felice, présidente de l’Adevimap Ouest Etang de Berre (association de défense des victimes des maladies professionnelles)

( interviews : Michel Montagne : Maritima Medias)

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