Amiante : premier procès pénal en France en 2015

mai 26, 2014 9:46 Publié par Laissez vos commentaires

Edwige Labruyère

Émotion, soulagement et applaudissements hier à Paray-le-Monial. Après 18 ans d’un combat titanesque, le premier grand procès de l’amiante en France va pouvoir avoir lieu.

Elle n’était pas revenue dans la cité du sacré-cœur depuis 1996, depuis qu’elle avait choisi de s’engager aux côtés des victimes de l’amiante.

Depuis 18 ans, avec Maître Teissonnière, l’avocate Sylvie Topaloff n’a jamais lâché l’affaire. C’est donc non sans une certaine émotion qu’elle retrouvait jeudi, les fondateurs du Comité Amiante Prévenir Et Réparer (Caper) Bourgogne, lors de l’assemblée générale.

Une émotion d’autant plus palpable lorsque les adhérents se sont levés pour applaudir le cabinet parisien, après que le président Jean-François Borde a énoncé les victoires et jurisprudences obtenues depuis le tout premier procès à Mâcon en mai 1997. Une reconnaissance sincère car « enfin, les procédures pénales vont aboutir après ces 18 années d’instruction menée par le juge Bertella-Geoffroy. On peut espérer un renvoi devant le tribunal correctionnel. On parle de 2015 ».

Le combat de l’amiante a commencé à Paray

Cette nouvelle, Maître Topaloff tenait à leur annoncer de vive voix. « Tout le combat de l’amiante a commencé ici, à Paray-le-Monial, lieu historique pour toutes les victimes. L’indemnisation des salariés malades, les retraites, les départs anticipés, la faute inexcusable de l’employeur, la création du Fiva, le préjudice d’anxiété sont la continuité, insistait l’avocate. Je retrouve ici les gens avec qui j’ai milité au début… Daniel Granger, Jean-François Borde… et ceux qui ne sont plus là.

Dix-huit ans après, c’est impressionnant de revoir tous ces visages qui ont affronté cette grande entreprise (N.D.L.R. : Eternit). Et l’extraordinaire mobilisation, toujours aussi importante, même si le combat est différent aujourd’hui parce que la dimension du scandale est un peu effacée… »

Le regard plongé dans l’assemblée, Maître Topaloff s’est souvenu sans peine de « Mmes Papillon et Alloin, et aussi d’Odette Degrange, contaminée en lavant les vêtements de travail de son mari… Au départ, on a privilégié l’indemnisation pour que ces familles puissent vivre. Les employeurs ont été condamnés à payer mais aujourd’hui, on veut des condamnations pénales.

Depuis 18 ans, jamais un patron n’a été présent sur les bancs du tribunal. On a les salariés, les avocats mais jamais un être de chair n’a répondu de ses actes. Le pénal, c’est ça… »