Amiante : Une nouvelle coordination d’associations est née

novembre 15, 2014 1:21 Publié par Laissez vos commentaires

La CAVAM

Jean Herquin (au centre) fait partie du comité de pilotage de la Cavam nouvellement créée.

 Sur fond de polémique depuis son départ de l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante, l’association des salariés de l’arsenal de Toulon se projette dans un nouveau « réseau ».

Ces deux derniers jours, Clermont-Ferrand est devenue la capitale de « l’activité revendicative commune au service de la satisfaction des aspirations et besoins des victimes de l’amiante ». La formule est issue d’un communiqué sorti la semaine dernière, fruit du travail collectif de cinq associations de soutien aux victimes de la poussière tueuse : Comité action prévenir et réparer (Caper) Auvergne, Loire, Nord-Isère, Sud-Isère et l’Association des salariés de l’arsenal victimes de l’amiante (Asava) à Toulon (Var).

Avec 21 autres structures, celles-ci ont participé à deux journées de travaux d’où est sortie la création d’une nouvelle Coordination des associations de victimes de l’amiante et des maladies professionnelles. « La Cavam », sourit Jean Herquin, président de l’Asava, l’un des six membres du groupe de pilotage de cette nouvelle structure qui vient marcher sur les terres de l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva).

De l’Andeva, Jean Herquin ne dit pas que du bien. Au contraire. Dans le fameux communiqué, les associations alimentent une polémique née au début de l’été, voire bien avant à en croire la chronologie présentée par les « exclus » de l’Andeva. Jugée comme étant « un outil consensuel et d’accompagnement des politiques antisociales menées par les différents gouvernements », l’Andeva en prend pour son grade (et répond, lire ci-dessous).

Une rupture consommée qui débouche donc sur cette réunion clermontoise actant la création de la Cavam. Une coordination dont l’ambition est de « créer les conditions pour que les associations travaillent ensemble ». Toutes les associations, même celles encore membres de l’Andeva : « Notre travail est ouvert sur l’extérieur, on va communiquer avec toutes les structures. Nous leur tendons la main car elles n’ont plus d’offre au niveau national pour mener le combat social », poursuit Jean Herquin.

Trois groupes de travail

Le président de l’Asava pose ensuite les bases sur lesquelles va reposer la Cavam : « Nous avons mis en place trois groupes de travail. » Le premier se penchera sur les problématiques liées à l’Acaata (Allocation de cessation anticipée d’activité) avec « le traitement en urgence de la question de l’anxiété et des AGS » (le régime de garantie des salaires censé payer l’indemnité due au titre du préjudice d’anxiété, lire par ailleurs).

Le second traitera du « pénal » : « Dix-sept ans d’attente pour un procès, ça suffit. De plus, nous voulons créer les conditions pour rapatrier les procès là où les événements ont eu lieu. » Enfin, le dernier s’attaquera aux préoccupations liées au Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (Fiva).

Jean Herquin présente la Cavam comme un groupe de travail « souple, sans cotisation, mis en réseau pour que les associations travaillent ensemble, formé dans l’optique de construire les rapports de forces ». Et surtout : « Solidaire de toutes les associations de victimes de France. » L’appel est donc bel et bien lancé.

Romain Alcaraz