APRES LA JUSTICE, LES ANXIEUX SE REVELENT

janvier 21, 2013 7:47 Publié par Laissez vos commentaires

Début janvier le tribunal accordait 7000 euros à une trentaine de Calaisiens qui ne sont pas malades mais craignent de l’être parce qu’ils ont respiré de l’amiante. Hier, 75 nouvelles personnes ont constitué un dossier.

Amiante : trois fois plus d’anxieux ?

Les cinq bénévoles de l’Ardeva ont reçu une centaine de personnes hier matin

Début janvier, le tribunal accordait des dommages et intérêts aux anciens travailleurs de l’amiante non malades. Sans surprise, la première permanence de l’Ardeva qui a suivi, a vu sa fréquentation triplée

« Nous avons reçu une centaine de personnes contre une trentaine habituellement », se félicite Jean-Claude Ghelein, vice-président de l’Ardeva (Association de défense des victimes de l’amiante). Les bénévoles s’y attendaient et avaient prévu une ramette complète de dossiers à destination de leurs interlocuteurs. Le 4 janvier dernier, le juge départiteur du conseil des prud’hommes de Calais entendait 37 anciens salariés de Courtaulds et condamnait leur ancien employeur à leur verser 7 000 euros de dommages et intérêts. Il s’agit de personnes qui ne sont pas malades mais craignent de développer une maladie liée à l’amiante parce qu’ils en ont inhalé sur leur lieu de travail. « C’est sûr que ça nous fait de la publicité », assure Pierre Ansel, l’un des correspondants de l’Ardeva Calais.

« Parmi cette centaine de personnes, soixante-quinze sont venues chercher des dossiers liés au préjudice d’anxiété », détaille Jean-Claude Ghelein.

L’anxiété mais pas que Et de poursuivre : « Il s’agit essentiellement des anciens salariés de Courtaulds, mais aussi de Blitz, de Khol et des chantiers navals. » Les autres demandes sont liées à la constitution de dossiers Fiva pour les personnes malades (Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante), de dossiers Acaata pour des retraites anticipées (Allocation de cessation anticipée d’activité amiante), des poursuites de dossiers au bénéfice des ayants droit (veuves et enfants).

L’association a de plus enregistré vingt-deux nouvelles adhésions. « Nous sommes liés par le temps, regrette Jean-Claude Ghelein, et une prescription qui va jusqu’au 17 juin 2013. Passée cette date, il ne sera plus possible de déposer des demandes d’indemnisation au titre du préjudice d’anxiété (lire ci-contre).