Cancer : demain, pourrons-nous tous être soignés ?

avril 12, 2016 3:13 Publié par
Marilyn Perioli 

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Jusqu’à quand l’assurance-maladie pourra-t-elle rembourser les médicaments contre le cancer ? A son tour, la Ligue contre le cancer lance une pétition contre la flambée des prix des nouvelles molécules anti-cancer.

La Ligue contre le cancer s’insurge une fois de plus contre la flambée des prix des médicaments anti-cancer et lance une pétition pour sensibiliser les pouvoirs publics.

L’opacité des prix des laboratoires

« Face à l’inflation des prix pratiqués par des laboratoires pharmaceutiques enclins à optimiser leurs gains, des menaces réelles pèsent sur l’équité d’accès des patients aux traitements innovants des cancers et sur la pérennité de notre système de santé solidaire » s’inquiète la Ligue contre le cancer. Ce n’est pas la première fois que les prix exorbitants des nouvelles molécules contre le cancer sont pointés du doigt. En mars dernier, une pétition avait déjà été lancée par le Pr Maraninchi, éminent cancérologue français et signée par plus d’une centaine de cancérologues. Cette fois, la Ligue revient à la charge à l’occasion de la prochaine réunion du G7 au Japon fin mai et espère bien faire entendre sa voix.

Elle dénonce une opacité des prix et demande aux pouvoirs publics de faire pression sur les laboratoires. Un exemple ? Le Keytruda, un nouveau médicament efficace contre le mélanome (cancer de la peau), est estimé à plus de 100 000 euros par an et par patient.

Le médicament n’est pas un produit comme les autres

« Les médicaments innovants ne sont pas des biens de consommation comme les autres », rappelle la pétition, et « relèvent d’une nécessité et non d’un choix pour les personnes malades ».

La Ligue rappelle également que l’industrie pharmaceutique détermine ses prix « en fonction des capacités économiques du marché ».

Pourtant, il est possible de réguler les prix. La Ligue cite l’exemple d’une cure standard de douze semaines de Sofosbuvir, un médicament utilisé pour traiter l’hépatite C (responsable de certains cancers du foie), qui coûte 59 000 euros aux Etats-Unis, 41 000 euros en France, 4 000 euros en Thaïlande et 700 euros en Egypte.

« Aux Etats-Unis, les traitements trop chers précipitent les familles dans la précarité, ce n’est pas encore le cas en France… pour l’instant », rappelle Catherine Simonin, administratrice nationale de la Ligue contre le cancer.

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