Charente-Maritime: Recherche d’amiante dans l’air d’une crèche à Surgères

janvier 19, 2016 5:37 Publié par

C’est l’association départementale de défense des victimes de l’amiante (ADDEVA) qui a donné l’alerte. «Nous avons rencontré la maire de Surgères, Catherine Desprez, en novembre», rapporte le président de l’association, Claude Fabien.«Une de nos adhérentes, dont le mari – un ancien de Poyaud – est malade de l’amiante, nous a signalé qu’il y avait une crèche dans l’enceinte des anciennes usines.»

Cet ensemble industriel proche de la gare de Surgères où l’on construisait des moteurs depuis les années 20, a connu plusieurs époques et plusieurs propriétaires. Le dernier, Wartzilä, l’a cédé à la commune après avoir fermé son établissement en 1992. «L’usine désaffectée est en pleine décrépitude. Elle subit les assauts du temps, notamment ses couvertures en fibrociment contenant de l’amiante», poursuit Claude Fabien. Selon son association, sept anciens salariés de Wartzilä sont morts entre 2014 et 2015 des suites d’un cancer de l’amiante.

La crèche associative «Aux Petits Câlins» de Surgères n’est pas installée dans les anciens bâtiments d’usine mais dans l’immeuble administratif qui, selon le diagnostic qu’avait fait pratiquer la commune en 2008, ne contient pas d’amiante. Le même immeuble abrite aussi l’école de musique de Surgères, fréquentée par quelque 200 élèves. «Il est vrai que depuis 2008, l’usine non loin de là s’est dégradée et nous tenons compte de l’alerte de l’association ADDEVA, affirme la maire. Dès la semaine prochaine, nous ferons procéder à des analyses de l’air dans le bâtiment de la crèche et de l’école de musique.»

Par ailleurs, le conseil municipal de Surgères, qui se réunit ce soir, doit se prononcer sur une enveloppe de 500 000 euros inscrite au budget de la ville pour la déconstruction de l’ancienne usine. «Jusqu’alors, nous avions espéré un repreneur, mais la dépollution des locaux fait visiblement reculer. La commune doit donc s’y employer», déclare Catherine Desprez.