Collège Versailles: Mépris et Déni, ça suffit !

octobre 12, 2019 11:07 Publié par

Association des Victimes de l’Amiante dans les Locaux de l’Éducation des Bouches-du-Rhône

Association AVALE 13 affiliée à l’ ANDEVA créée en  Juin 2019

Historique du mouvement au collège Versailles à Marseille

Suite à l’annonce de la reconstruction du collège avec émission d’un permis de construire en 2017, plusieurs inquiétudes sont apparues quant au chantier qui devait voir le jour. En ce sens, dès la rentrée scolaire 2018-2019, de nombreux courriers ont été envoyés aux différentes instances concernées par le projet de reconstruction : rectorat, conseil départemental, mairie et préfecture. Le bruit, les dangers liés aux engins de chantier, la pollution des sols et les conditions de gestion de l’amiante dans les bâtiments ont été l’objet de notre revendication :…une délocalisation du collège pendant la durée des travaux.

Malgré nos sollicitations répétées, nos courriers sont restés sans réponse. Il a également fallu attendre plusieurs mois pour obtenir les diagnostics amiante avant travaux ainsi que le rapport concernant la pollution des sols.

Face à ce déni, un mouvement de protestation avec blocage du collège durant 3 semaines, initié par les professeurs et poursuivi par les parents d’élèves a démarré le 26  février 2019. Ce mouvement a été levé de manière forcée par l’intervention des forces de l’ordre sur la demande de la direction du collège.

Plus l’année scolaire avançait, plus les preuves de dangers avérés sur le chantier de reconstruction s’accumulaient. Concernant le traitement de l’amiante, les diagnostics avant travaux sont inadaptés et/ou inexistants pour une démolition. De plus, ils comportent des insuffisances et incohérences graves. Plusieurs spécialistes de l’amiante faisant notamment partie de l’ANDEVA confirment nos doutes sur le manque de sérieux du traitement du risque amiante et jugent même le chantier illégal.

Dans ce contexte, le CHSCT départemental, réuni le 28 mars 2019, déclarait que permettre au chantier de se dérouler sur site occupé « empêcherait l’école de la République d’assurer l’intégralité de ses missions ». Il demandait, par conséquent, que « l’établissement soit relocalisé pendant toute la durée des travaux ».

Le mépris affiché des autorités responsables a motivé un certain nombre de professeurs et de parents d’élèves à engager des démarches judiciaires en sollicitant un cabinet d’avocats. C’est dans cet objectif que le collectif Versailles a vu le jour, association regroupant des enseignants concernés et décidés à agir pour le bien des élèves et de la communauté éducative du collège.

Aujourd’hui le collectif Versailles continue de se battre face à la multitude des dangers rencontrés au collège. Les plans de retrait de l’amiante n’ont toujours pas été communiqués alors que des travaux de démolition ont débuté, notamment dans un bâtiment et un parking dont les diagnostics avant démolition n’ont pas été réalisés. Des sols  pollués (niveau B), contenant de nombreuses substances dangereuses (PCB, hydrocarbures, plomb, arsenic, mercure) sont retournés alors même qu’aucune étude approfondie des sols n’a été effectuée. Enfin, l’absence de nouveau PPMS (Plan Particulier de Mise en Sureté) depuis le début des travaux rend le collège vulnérable au risque incendie et au risque intrusion.

Un droit de retrait massif des enseignants a eu lieu fin septembre 2019 sans que les autorités académiques ne reconnaissent les motifs de retrait. Les enseignants refusent d’accepter cet état de fait, ils exigent le droit à la santé et à des conditions de travail dignes pour les élèves et le personnel.

Venir à l’école c’est grandir et apprendre, ce n’est pas risquer sa vie !

 Mépris et Déni, ça suffit !