COÛT DES TRAITEMENTS ANTI-CANCER : L’APPEL DE 110 CANCÉROLOGUES

mars 23, 2016 5:13 Publié par

INSTITUT CURIE (curie.fr <http://curie.fr/> )

Le coût de certains traitements contre le cancer devient exorbitant. Au point de mettre en péril le système de protection français, qui assure aujourd’hui que tous les patients bénéficient des meilleurs traitements disponibles. C’est pourquoi 110 cancérologues et hématologues, parmi lesquels le Pr Thierry Philip, président de l’Institut Curie, signent aujourd’hui une tribune dans Le Figaro.

Coût des traitements anti-cancer : l’appel de 110 cancérologues

Les innovations thérapeutiques dans le domaine du cancer ont permis d’augmenter nettement l’espérance de vie des patients. Pourtant, ces progrès sont menacés par l’explosion des coûts de certains médicaments. Pour les 110 signataires, emmenés par les cancérologues Dominique Maraninchi et Jean-Paul Vernant, l’efficacité des traitements et le coût de la recherche et développement (R&D) ne justifient pourtant pas l’explosion de ces tarifs. Le coût de la recherche pour trouver de nouveaux traitements a même nettement diminué. D’ailleurs, le budget R&D représente environ 15% du chiffre d’affaires des labos pharmaceutiques, contre 25% pour le budget marketing, poursuivent-ils.

Aujourd’hui, « les prix des nouveaux traitements du cancer sont déterminés par l’idée que les industriels se font de ce que les marchés sont capables de supporter », estiment encore les médecins. Ce qui explique qu’un même traitement, comme le Glivec®, puisse être beaucoup plus cher aux Etats-Unis qu’en France, par exemple.

Mais jusqu’à quand le système de protection français pourra-t-il encaisser le choc ? L’an dernier, le Royaume-Uni a décidé de dé-rembourser des traitements pourtant efficaces, car beaucoup trop coûteux pour la société.

Afin d’éviter un tel écueil, « les 110 » proposent plusieurs pistes.

– Définir un juste prix pour les médicaments du cancer, basé sur les prix investis par les industriels pour la R&D du produit.

– Rendre le système d’arbitrage des prix plus démocratique et transparent, en y association des représentants des patients et des professionnels.

– Ne plus accepter les extensions de durée des brevets, que la rapidité du développement des nouvelles thérapeutiques ne justifie pas.

– Autoriser l’utilisation de licences obligatoires pour les pays en développement, qui leur permettent la production et l’utilisation de génériques avant même que les brevets ne tombent dans le domaine public.