Décharge clandestine d’amiante : le gérant condamné à six mois ferme

novembre 2, 2015 10:39 Publié par

Nicolas Goinard

« C’EST UNE PEINE LOURDE,nous sommes très satisfaits. » Ainsi a réagi hier matin, Didier Malé, président de l’association Roso (Regroupement des organismes de sauvegarde de l’Oise) en découvrant le délibéré dans l’affaire des déchets amiantés d’Ile-de-France entreposés illégalement dans l’Oise. Michel D., le gérant de la SARL Minore, a été condamné à 1 an de prison dont 6 mois avec sursis. Il devra également payer 1 500 EUR de dommages et intérêts à chacune des deux parties civiles dont le Roso. Bernard G., le propriétaire du terrain de Cuigy-en-Bray sur lequel les déchets d’amiante étaient stockés a lui, en revanche, été relaxé.

C’est en 2008 que la justice commence à s’intéresser à ces installations oisiennes. L’enquête mène à la découverte par l’OCLAESP (Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique), en juin 2009, sur le terrain de Bernard G., de plusieurs tonnes de déchets amiantés déversés là par la société spécialisée dans la dépollution. Sous plus d’un mètre de terre, les enquêteurs mettent la main sur des centaines de plaques d’amiante et des matériaux de déconstruction.

Des déchets issus de chantiers de démolitions et de curage

Ces déchets proviennent essentiellement de la région parisienne et notamment de chantiers de démolition et de curage effectués à Mantes-la-Jolie (Yvelines), à l’université de Nanterre (Hauts-de-Seine) ou encore sur la base aérienne de Vélizy-Villacoublay (Yvelines). Le terrain de Cuigy-en-Bray est ainsi devenu, entre 2004 et 2009, un site d’enfouissement clandestin. Le propriétaire des lieux a donc été relaxé après avoir convaincu le tribunal qu’il ignorait tout des pratiques douteuses de Minore. L’entreprise avait d’autres décharges sauvages à Bouconvillers, là où était situé son siège, et à Persan (Val-d’Oise). Dans cette dernière commune du fibrociment, des fûts de polychlorobiphényle et une vingtaine de sacs contenant de l’amiante avaient été retrouvés à même le sol. L’association environnementale le Roso a encore plusieurs dossiers sur le feu, comme cette plainte déposée contre la mairie de Sacy-le-Grand après la découverte d’un dépôt sauvage de déchets amiantés dans le bois de la Sablière.