Dépôts sauvages de tôles ondulées chargées d’amiante

janvier 3, 2013 4:16 Publié par Laissez vos commentaires

Sophie Charbonneyre, présidente de l’association « Sauvons Riez », a déposé plainte hier.

Dans cette décharge à ciel ouvert, où tout et n’importe quoi peut être jeté lorsque les gardiens ont le dos tourné (le lieu n’est pas fermé la nuit pour éviter que certaines personnes abandonnent leurs déchets devant l’entrée…), des gens sont venus au cours des derniers jours et se sont servis. Ils ont largement puisé dans les palettes de tôles de 2,20 mètres abandonnées au début du mois, puis en ce début de semaine, dans le but certainement de fabriquer un toit pour un poulailler ou un clapier. Rien de dramatique jusque-là, si ce n’est que les tôles en question sont susceptibles de contenir de l’amiante, dont la toxicité lors d’expositions prolongées n’est plus à prouver.

Une plainte contre X

C’est un employé de la déchetterie qui a découvert début décembre, au fond de la décharge, au-dessus du vallon de Paurille, la présence de plusieurs palettes de tôles grises et rouges, censées contenir de l’amiante. Selon lui en effet, il ne fait aucun doute qu’elles regorgent de ce produit extrêmement dangereux, et qu’elles ont été déchargées là par des maçons équipés d’une grue montée sur un camion et d’un porte-palettes. Un sale boulot effectué dans les règles de l’art par des personnes peu scrupuleuses de l’environnement et de la santé publique. Si aucune mesure n’a été prise début décembre, lors de la première alerte, le deuxième dépôt sauvage constaté mardi a, cette fois, suscité diverses réactions. À commencer par celle de Sophie Charbonneyre, présidente de l’association « Sauvons Riez » (créée en mai dernier, et forte déjà de près de 200 adhérents) qui a déposé plainte contre X hier matin à la gendarmerie. De même que la présidente du Sivom du Bas-Verdon, Annette Bondil.

« C’est lorsqu’on bouge les tôles et/ou qu’on les casse, que les fines particules qui s’envolent et qu’on respire,sont dangereuses », explique un des employés de la décharge. Sécurité oblige, l’activité du personnel a donc été stoppée en milieu de semaine, et l’accès au bas du site a condamné par une barrière de gros pneus. Des mesures hélas insuffisantes pour empêcher un nouveau dépôt sauvage, dans la première partie du terrain cette fois.

Mercredi, un fax a été envoyé par le Sivom du Bas-Verdon à la mairie de Riez, propriétaire du terrain, pour lui exposer le problème. Hier matin, ce même Sivom a cette fois demandé à un employé de monter poser des barrières avec de la rubalise pour sécuriser le lieu. « Les gens qui ont fait ça ne viennent pas quand on est là, car on refuserait », indique-t-on à la déchetterie. Ces personnes ont néanmoins abandonné une trentaine de plaques d’environ 300 kg, et deux autres palettes de 500 kg. 800 kilos de plaques ondulées en fibrociment, dont il est préférable de se débarrasser. Proprement cette fois.

Marie-France Bayetti