Drôme : une stèle pour toutes les victimes de l’amiante inaugurée à Andancette

décembre 3, 2016 11:17 Publié par

Par Tommy Cattaneoaas

La stèle a été inaugurée à l’occasion des 20 ans de l’Adeva, l’association des victimes de l’amiante en Drôme Ardèche

Près de 20 ans après son interdiction en France, l’amiante continue de tuer. A Andancette, dans le Nord Drôme, une stèle a été inauguré, samedi, en mémoire des victimes, juste en face du site de Pont-à-Mousson, qui fabriquait des tuyaux en amiante-ciment.

Cela fait vingt ans que l’association locale des victimes de l’amiante a été crée à Andancette. A l’occasion de cet anniversaire, une stèle a été inaugurée samedi matin en mémoire de toutes les victimes de l’amiante. Elle est positionnée dans un endroit bien symbolique : en face de l’ancien site de Pont-à-Monson, qui fabriquait des tuyaux en amiante-ciment. Au moins 200 personnes, habitants et ex-salariés encore vivants, se sont recueillis avec émotion. Parce que dans ce village du Nord Drôme, tout le monde est concerné.

Ils ont tous un frère, un mari, un cousin qui a été touché par l’amiante. « Il n’a pas eu la joie de connaître ses petits-enfants, c’est ce qui est très dur pour moi », raconte Christiane, dont le mari est mort d’un cancer de la plèvre il y 20 ans, et qui avait travaillé à l’usine de Pont-à-Mousson. « Faut pas oublier, le combat continue », enchaîne Emmanuel, son fils. « Je suis venu avec mes enfants, je veux qu’ils continuent à passer devant cette stèle en se disant « notre grand-père travaillait là » et qu’ils sachent aussi que malheureusement d’autres personnes vont décéder dans quelques années … »

Anciens salariés du site de Pont-à-Mousson et habitants d’Andancette étaient rassemblés pour l’inauguration de la stèle. – Radio France

Alain est un ex-employé du site. Comme les autres, c’est un malade de l’amiante. « Quand on pense aux collègues qui sont décédés, ça prend aux tripes », lâche t-il. « On sait qu’on risque la même chose, mais je me dis que j’ai un destin. Arrivera ce qui arrivera, faut pas se faire de souci pour l’instant. »

« Une seule fibre d’amiante suffit pour déclencher le mésothéliome » – Bernard Robin, vice-président de l’Aldeva, l’association de victimes.

L’amiante de Pont-à-Mousson, c’est au moins 50 morts rien qu’à Andancette, emportés le plus souvent par un cancer. « Une seule fibre suffit », explique Bernard Robin, lui aussi ex-employé de l’usine et vice-président de l’Aldeva, l’association drômeardéchoise des victimes de l’amiante. « Une seule fibre suffit pour déclencher le mésothélium, qui est la maladie la plus grave. Elle peut se déclarer 40 ans après, donc on continue le combat parce qu’il y en a encore pour des dizaines d’années. »

Depuis sa création, l’association a traité plus de 500 dossiers d’indemnisation de victimes. L’amiante a été interdit en France en 1997. Mais il en reste encore dans les murs de certains bâtiments comme des hôpitaux ou des écoles. Au total, 20 millions de tonnes à détruire, selon les associations de victimes.