« il faut une stratégie nationale de désamiantage »

avril 25, 2015 9:50 Publié par Laissez vos commentaires

Interview d’Aline Archimbaud

la sénatrice de seine-saint-Denis met une nouvelle fois sur la table les propositions du dernier rapport du comité de suivi sur l’amiante, qu’elle préside.

Vous avez organisé le 13 avril, au Sénat, un colloque consacré à l’amiante. Dans quel but?

L’objectif était de présenter les conclusions du rapport parlementaire du comité de suivi amiante, remis au Premier ministre en juillet 2014, et de faire le point sur la situation des victimes, sur le désamiantage et sur la protection des salariés du bâtiment. Notamment à l’approche de l’échéance de juillet où la valeur limite d’exposition professionnelle sera divisée par dix. Mais aussi d’avoir une réflexion collective et de mettre en contact des réseaux qui ne se côtoient pas forcément, par exemple associations de victimes et experts ou chercheurs. Ce colloque a rassemblé une grande diversité d’acteurs – envi ron 150 personnes de toute la France – qui doivent faire l’effort de s’entendre, de se coordonner. Avec mes collègues du comité amiante, Catherine Deroche et Dominique Watrin, nous souhaitons faciliter cette union.

Le gouvernement avait annoncé fin 2014 la mise en place d’un prêt spécifique pour le désamiantage des logements sociaux et un programme de R & D de 20 millions d’euros…

On m’a indiqué qu’une convention avait été signée fin mars entre la Caisse des dépôts et le ministère du Logement pour la mise en place de ce prêt. Une feuille de route interministérielle serait par ailleurs toujours en préparation. Mais nous attendons plus. Le gouvernement doit rapidement mettre en place une structure de coordination inter ministérielle rattachée au Premier ministre, ainsi qu’une stratégie nationale de désamiantage des bâtiments publics comme nous le proposions dans notre rapport.

Quel serait le rôle de cette structure interministérielle ?

Les sommes en jeu pour le désamiantage sont énormes. Il faut établir des critères de priorité pour savoir sur quels bâtiments faire d’abord porter les efforts. Cette structure devra aussi impulser la structuration d’une véritable filière professionnelle, qui permettra la création d’emplois qualifiés pendant trente ou quarante ans. For mations initiales et continues doivent aussi gagner en qualité. Notamment celles des diagnostiqueurs, profession qui constitue le maillon faible de la filière. Les maires, et tous les maîtres d’ouvrage, ont également besoin d’appuis. Désamiantage de Jussieu ou du CHU de Caen : des savoir faire existent aujourd’hui, mais risquent de se perdre.

Quelles suites allez vous donner à votre action ?

Nous allons, à partir du mois de mai, redoubler d’efforts pour interpeller le gouvernement, déposer des amendements pendant l’examen des lois Santé et Dialogue social. Je compte aussi intervenir au cours des questions au gouvernement.