Journée Internationale des Victimes de l’Amiante « État de la science — État du monde »

décembre 27, 2014 11:01 Publié par Laissez vos commentaires

La connaissance des dangers de l’amiante est très ancienne, cependant la connaissance scientifique a été beaucoup trop lente à être traduite en action de prévention et les régions du globe sont aujourd’hui dans une situation d’inégalité criante.

Tous les pays utilisant ou ayant utilisé l’amiante doivent faire face aujourd’hui à une épidémie de cancers ; la situation concernant la prévention de ces cancers, leur reconnaissance et l’indemnisation des victimes est cependant très contrastée.

L’amiante est interdit dans tous les pays de la communauté européenne et dans une trentaine d’autres pays, mais, même après l’arrêt des mines d’amiante au Canada, plusieurs pays restent de gros producteurs (Russie, Chine, Brésil et Kazakhstan) ou de gros consommateurs d’amiante (Chine, Inde, Russie, Brésil, Indonésie, etc.). Ces pays sont justement ceux où l’information, la veille sanitaire et la prévention sont défaillantes.

L’industrie minière et de transformation de l’amiante continue dans certains pays à répandre la désinformation sur les dangers, aidée parfois par leurs gouvernements (autrefois le Canada, aujourd’hui la Russie).

L’indemnisation des victimes donne lieu aussi à des situations très contrastées. La France peut être donnée en exemple avec la création du FIVA ; l’indemnisation aux États-Unis est essentiellement le résultat de multiples procédures judiciaires.

Dans de trop nombreux pays les cancers dus à l’amiante sont ignorés par les autorités.

La conférence affichait un double objectif : accroître la diffusion des connaissances scientifiques et développer un mouvement international de santé publique.

Plusieurs axes se dégagent naturellement de cette «journée» internationale et de la publication des actes ; ils sont l’écho des déclarations communes de Casale Monferrato, Italie, en avril 2011 :

Présentation/Éditorial ix

– l’appel à une interdiction mondiale de l’amiante, en accord avec l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et les sociétés savantes internationales ;

– l’urgence d’arrêter le double standard entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement – les premiers exportant l’épidémie de cancers de l’amiante vers les seconds ;

– la nécessité d’une meilleure prise en compte des risques dus à l’amiante en place, notamment dans les métiers du bâtiment et de la maintenance ;

– le souhait de mettre un terme à la fraude scientifique, qui a permis trop longtemps de perpétuer le commerce de l’amiante ;

– le souhait de développer une priorité pour la recherche scientifique et médicale sur les maladies causées par l’amiante ;

– le souhait de voir se généraliser les principes d’une indemnisation «rapide et équitable» des victimes, tirant les leçons de l’exemple du fonds d’indemnisation français.

La tenue de la «journée internationale des victimes de l’amiante» à Paris a été l’occasion de développer la réflexion sur ces thèmes ; l’édition et la publication des «actes» de cette journée se veulent une contribution à une meilleure connaissance des risques et dommages dus à l’amiante et au développement de meilleures politiques de santé publique pour lutter contre ce fléau au niveau régional, national, européen et mondial.

Paris, Mai 2014

Marc Hindry, Andeva

 

Le volume complet et les articles individuels de ce volume sont disponibles en version originale et en version française/anglaise, au format “.PDF», sur le site de l’ANDEVA :

http ://www.andeva.fr/

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