La médecine du travail va-t-elle disparaître ?

octobre 2, 2015 10:46 Publié par
Anne-Marie Thomazeau

©HAMILTON/REA
Un rapport sur la médecine du travail, publié mardi 26 mai, suggère de limiter la visite d’aptitude aux salariés qui occupent des postes à risques. Les autres n’effectueraient qu’une visite tous les cinq ans.

Un rapport sur la médecine du travail, diffusé mardi 26 mai par le gouvernement, préconise que la visite d’aptitude ne soit systématique que pour les salariés occupant des postes à risques et non plus pour l’ensemble des salariés. Il recommande aussi d’espacer les visites obligatoires. Ce rapport sera présenté jeudi 28 mai au Conseil d’orientation sur les conditions de travail (Coct). A l’heure où les maladies liées au travail et le burn-out explosent, ce rapport pose pour le moins question.

Aujourd’hui, le Code du travail prévoit une visite médicale obligatoire pour tous les salariés, avant l’embauche ou la fin de la période d’essai, pour vérifier leur aptitude au poste de travail. Une fois embauchés, les salariés ont une visite au minimum tous les deux ans. La mission « propose de strictement limiter le contrôle de l’aptitude aux salariés qui occupent un poste de sécurité », c’est-à-dire dont les tâches peuvent mettre en danger leur santé et celle de leurs collègues. Par exemple: les pilotes d’avion, les conducteurs de train ou les grutiers.

Pour tous les autres salariés, le rapport propose «d ‘abandonner la vérification systématique de l’aptitude » à l’embauche, qui serait remplacée par une « visite obligatoire d’information et de prévention » donnant lieu à une simple « attestation de suivi de santé ».  Réalisée par l’infirmier de santé au travail sous la responsabilité du médecin du travail », elle devrait « avoir lieu dans les trois mois pour les salariés occupant un poste à risque et dans les six mois pour les autres ». Par la suite, les salariés auraient « une visite médicale périodique au minimum tous les cinq ans «. Ceux occupant un poste à risque bénéficieraient, en outre, « d’une visite infirmière au minimum tous les deux ans ».