Le Conseil des Prud’hommes de Martigues se penchait sur le cas de 111 travailleurs, l’une des plus grosses audiences en la matière.

juin 27, 2015 10:11 Publié par Laissez vos commentaires

D.Gesualdi

Ces salariés sont en procédure contre leurs anciennes entreprises, à qui ils reprochent de les avoir fait travailler au contact de la matière toxique. Ce matin, des employés d’Arkema Fos et Port-de-Bouc, de Naphtachimie Lavéra et de Poujaud une entreprise martégale de calorifugeage entendaient faire valoir leur préjudice d’anxiété.

Une action soutenue par l’ Adevimap, l’association de défense des victimes des maladies professionnelles.

« J’ai eu des copains qui sont décédés de maladies de l’amiante, témoigne Jean-Pierre Dupuy, un ancien salarié de Poujaud. Pour le moment, je passe des examens, je n’ai a priori rien, mais cela peut se déclarer plus tard. On a toujours le souci de savoir, on est toujours anxieux ». Faire valoir un préjudice d’anxiété est hélas souvent la première étape d’un long parcours de reconnaissance de ses droits.

De 3 à 8000 euros

« Nous nous heurtons à toujours autant de difficultés à faire valoir les droits des victimes de l’amiante, affirme Houssine Rehabi de l’Adevimap. Sur les 111 cas présentés ce matin, 3 personnes sont décédées et n’ont pas pu voir condamner leurs entreprises. Nous nous battons aujourd’hui pour leur ayant-droits » L’Adevimap défend aujourd’hui 433 dossiers de contamination de salariés ayant travaillé dans des entreprises pétrochimiques de l’Etang de Berre ou chez des sous-traitants.

Les sommes accordées pour le préjudice d’anxiété d’un employé ayant travaillé au contact de l’amiante varient après passage devant la Cour d’appel d’Aix-en-Provence entre 3 et 8 000 euros. « C’est si faible, ajoute Houssine Rehabi, que les avocats des groupes et sociétés industrielles ne font aujourd’hui, même pas appel de leurs condamnations ». Depuis plus de 5 ans, le Conseil des Prud’hommes de Martigues rend des délibérés favorables aux salariés victimes. Les avocats des entreprises mises en cause ce matin devant le Conseil des Prud’hommes de Martigues n’ont pas souhaité répondre à nos questions.

Les photos

La vidéo : l’Adevimap défend les victimes