L’entreprise « indélicate » a enfin nettoyé les bois: 150 plaques de fibrociment avec de l’amiante avaient été jetées dans la nature.

mai 12, 2015 8:58 Publié par Laissez vos commentaires

Leila Estellon

En février 2013, pas moins de 150 plaques de fibrociment (émérite) contenant de l’amiante avaient été jetées dans les bois à quelques centaines de mètres du village de la Roque-sur-Pernes. Coupées ou brisées, ces plaques laissent échapper des fibres d’amiante dans la nature et s’avèrent donc très dangereuses pour la santé.

Le propriétaire du terrain et la commune avaient immédiatement déposé plainte. Les services de gendarmerie, après enquête, disposaient de plusieurs indices et des témoignages. Les investigations, longues et délicates, ont abouti : l’entrepreneur et le propriétaire du camion qui avait déposé les plaques ont été identifiés et convoqué à la gendarmerie pour s’expliquer.

« Il n’y aura pas de répit pour les pollueurs »

Mais entre-temps, l’entreprise avait déménagé et changé de nom. C’était sans compter sur la détermination du président du Collectif indépendant Non à l’enfouissement de l’amiante ni à Pernes ni ailleurs (Cinea 84), Alain Aubaud. « Nous n’avons jamais lâché l’affaire. Avec le nom du gérant de l’entreprise, nous avons fait des recherches. Nous avons constaté que ce monsieur, après avoir déposé le bilan de sa société carpentrassienne, en avait créé une nouvelle à Avignon. Nous tenons à avertir tous ceux qui se débarrassent de leur amiante dans la nature, qu’il n’y aura pas de répit pour les pollueurs et que nous serons toujours là pour les rechercher et les poursuivre en justice « .

Le gérant a reconnu qu’un de ses employés avait commis une « indélicatesse » et il s’est engagé à nettoyer les endroits souillés.

Lundi, c’était chose faite. Présent sur les lieux, Joseph Bernhardt, le maire, s’est félicité de l’issue heureuse de cette détestable affaire : « L’enlèvement de ces 150 plaques aurait coûté 10 000€ à la commune ! Cela aurait représenté un coût insurmontable pour notre petit village. L’entreprise fautive a donc pris ses responsabilités et s’est engagée à fournir la traçabilité de ce stock « . Depuis 1997, l’utilisation des plaques d’amiante (fibrociment) est interdite en France et 30 à 40 millions de tonnes de ces plaques attendent dans les décharges d’être désamiantées. Amis pollueurs, vous étés prévenus.