Les victimes de l’amiante demandent une meilleure protection des salariés et une réquisition des équipements de protection individuelle


Association Nationale de Défense des Victimes de l’Amiante

Vincennes, le 31 mars 2020

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Il est bien difficile d’y voir clair dans les messages contradictoires des pouvoirs publics et du gouvernement. D’un côté, le corps médical et les autorités sanitaires demandent un confinement de plus en plus strict pour réduire « la hauteur de la vague » et éviter ainsi la saturation des services de réanimation ; de l’autre, la ministre du Travail fait pression sur les entreprises, notamment celles du bâtiment, pour qu’elles continuent leur activité.

C’est inacceptable !

D’autant que, faute d’avoir prévu la survenue d’une pandémie particulièrement virulente et contagieuse, comme le recommandait pourtant les autorités sanitaires, la France ne dispose pas de moyens pour protéger efficacement la population et notamment les travailleurs.

Ce n’est pas comme cela que nous sortirons vainqueurs de cette pandémie. Si l’on veut que le confinement soit le plus efficace possible – et sans doute également qu’il dure moins longtemps – il nous apparaît qu’il faut « arrêter de jouer avec le feu » et que le gouvernement décide enfin d’un confinement strict. C’est-à-dire une limitation de l’activité aux seules personnes, salariés et agents, relevant de secteurs indispensables (soins, aide à domicile, alimentation, énergie, gestion des déchets, transport, eau, sécurité…). Et encore conviendrait-il, à l’intérieur de ces secteurs, de restreindre l’activité aux seules fonctions en prise directe avec la production de services essentiels.

La seconde exigence est de garantir à ces personnels une sécurité maximale face au risque de contamination. Cela signifie de pouvoir disposer des équipements de protection individuelle (masques, gants, combinaisons…) en quantité suffisante, de recevoir une formation adaptée pour les porter et les retirer en toute sécurité, de mettre sur pied une organisation du travail sécurisée, de limiter le temps de travail car les opérateurs ont besoin d’une grande concentration pour effectuer les gestes sûrs en se protégeant.

Enfin, il semble qu’aujourd’hui encore de nombreux secteurs ne sont pas suffisamment fournis en EPI. Voire que le manque de matériels entraine une utilisation n’offrant pas les garanties d’efficacité suffisante.

Aussi, l’Andeva demande au gouvernement de réquisitionner l’ensemble des équipements, notamment les masques FFP2, stockés par les entreprises spécialisées. C’est le cas par exemple des entreprises du désamiantage qui, ne pouvant assurer la protection totale de leurs salariés, notamment durant leurs déplacement, doivent cesser leur activité non indispensable à la lutte contre le Covid19. A celles-ci, nous demandons de faire un effort de solidarité pour les salariés et les agents dont la mission au service de la population, des malades ou des personnes fragiles est indispensable et qui doivent être protégés en priorité.

Le matériel ainsi réquisitionné dans ces entreprises doit être répertorié afin qu’elles puissent être réapprovisionnées en priorité lors de la reprise économique et que leurs activités ne soient ainsi pas pénalisées.