Les victimes de l’amiante se dirigent vers un combat sans fin

juin 27, 2015 10:16 Publié par Laissez vos commentaires

LA PROVENCE

20 juin 2015   Rene Galvez

Depuis plusieurs mois, le Comité amiante attendait une audience pour les salariés des sous-traitants de l’usine Arkema (une soixantaine d’ouvriers des sociétés Eiffel, Friedlander, EIS, SRA-SAVAC, Alpine d’Isolation Thermique, mais aussi deux dossiers de salariés Arkema et trois dossiers de salariés décédés).

Si les avocats du Caper avaient prévenu leurs clients de ne pas se déranger, ayant été informés de la demande de renvoi des parties adverses, ils ont omis de se faire représenter à l’audience par un confrère local. Résultat: le président (employeur) de la formation prud’homale a déclaré la « caducité » de tous les dossiers « non représentés ». Ce qui va obliger les avocats des plaignants à réintroduire tous les dossiers.

Tous, sauf ceux des cinq salariés qui s’étaient quand même déplacés « pour voir » et qui connaissent la date de leur prochaine audience : le 12 février 2016.

Pour René Villard, le président du Caper, « c’est tout à fait inhabituel que des Prud’hommes prennent une telle décision ». Autre déconvenue, lors de la dernière audience du 5 juin, le Caper espérait avoir le rendu des jugements concernant 105 salariés Arkema.

Une « affiche » prévenait que la formation n’ayant pu se mettre d’accord, les 105 dossiers allaient être rejugés en « Départage », c’est-à-dire par la voix prépondérante d’un juge professionnel.

Le Caper qui déplore tous ces reports incessants appellera tous les salariés concernés à se présenter à cette audience de départage. Il rappelle à tous « l’importance de cette présence physique à l’audience ». Également défavorable aux victimes de l’amiante dont les entreprises ont disparu et ne sont pas reconnues par le décret 99 247. Seul un recours devant le tribunal administratif permettrait de résoudre cette difficulté (si la responsabilité de l’État est reconnue). Le Comité amiante est très remonté contre les propos du Médecin du Travail « qui ne connaît rien à l’Histoire du site de Saint Auban et qui devrait s’abstenir des propos indignes à ses salariés ! Qu’il garde au moins un peu de neutralité sur ces questions graves ». Dans 2 semaines, un des directeurs généraux (Jean Michel Martin) viendra à Saint Auban ; le Caper espère le rencontrer pour lui parler du préjudice anxiété amiante ».

Autre déconvenue : le « renseignement » indiquant qu’Arkema n’avait pas fait appel de décision très favorable à des salariés, était faux. Ces dizaines d’heureux salariés lorrains existent bien, mais leur patron n’est absolument pas Arkema ! Enfin, Le Comité invitera tous ses adhérents et les ex-salariés d’Arkema à une assemblée générale extraordinaire, fin août,