L’Italie et la France face au problème de l’amiante

juin 27, 2013 1:13 Publié par Laissez vos commentaires

Une rencontre particulière a eu lieu le mardi 21 mai au lycée Camille Claudel.

En effet, M. Leroy, le proviseur, et son adjoint, M. Bourse, ont reçu Assunta Prato, intervenante Association AFEVA (défense des victimes de l’amiante en Italie, de Casale Monferrato dans le Piémont) ; J.F Borde et Henri Degrange, intervenants Association CAPER (Comité Amiante, Prévenir et Réparer, section de Paray-le-Monial).

Cette rencontre a été organisée par Mme Anache, professeur d’italien, et a permis non seulement de sensibiliser les élèves au problème épineux de l’amiante, mais aussi de pratiquer l’italien puisqu’elle était proposée aux élèves qui suivent l’enseignement de cette langue vivante au collège et au lycée.

Les élèves, de la 4e à la Terminale ont écouté les témoignages de ces trois personnes, et les combats de leurs associations. Ils ont pu entrapercevoir les souffrances des familles comptant des victimes de l’amiante, et l’hypocrisie des riches industriels qui donnaient un emploi mais empoisonnaient salariés et habitants des villes alentours.

Asbétose (plaques sur les poumons gênant la respiration) et mésotéliome de la plèvre ou du péritoine sont les maladies liées à l’amiante, les mésotéliomes étant des cancers mortels et incurables.

118 décès recensés autour d’Eternit Paray, plus de 1 900 à Casale Monferrato.

Repérer l’amiante sous ses diverses formes et s’en méfier, le déposer dans les bennes de déchetteries prévues à cet effet, voilà une mise en garde sur laquelle ont insisté MM. Borde et Degrange, ex salariés d’Eternit Vitry-en-Charolais.

Pour illustrer le propos, articles, bande dessinée en italien, bande dessinée en français, diaporama et vidéos ont permis aux jeunes de visualiser de façon complète et didactique l’étendue du problème.

Si vous souhaiter en savoir plus sur ce sujet, vous pouvez consulter une vidéo d’archives qui montre comment était travaillé l’amiante dans les usines, à pleines mains, sans protection aucune, dans une poussière mortifère sur You tube it (http://www.youtube.com/watch?v=ewzgVUB5Tx8) (nom exact : Video da archivi dell’Osservatorio Nazionale Amianto – Lavorazione dell’amianto in Eternit).

On comprend mieux, avec le recul, la dangerosité de ces métiers mais aussi des usines elles-mêmes, puisque les vents transportant les poussières d’amiante ou les vêtements des ouvriers ont été des vecteurs de maladie pour de larges franges de la population dans les deux pays.

L’amitié franco-italienne entre les deux associations est née en 2007 du combat commun pour faire reconnaître les droits des victimes et obtenir réparation.

Aujourd’hui, la justice italienne, à travers les procès qui ont lieu au parquet de Turin va dans le sens qu’il faut : les deux grands patrons, un Suisse et un Belge ont été condamnés à 16 ans de prison ferme et 250 millions d’euros de dommages et intérêts. Au contraire, en France la justice est plus lente même si une grande victoire avait été remportée en 1997 (condamnation d’Eternit pour “faute inexcusable de l’employeur”).

Que l’amitié continue et que les jeunes d’ici s’emparent du problème pour faire vivre la mémoire des victimes et continuer le combat comme les jeunes italiens le font déjà à Casale, voilà une gageure.