Manifestation contre l’amiante, la catastrophe de Lubrizol en tête

octobre 14, 2019 9:03 Publié par

AFP Infos Françaises

11 octobre 2019

Paris, 11 oct 2019 (AFP) – – Plus d’une vingtaine d’associations départementales de défense de victimes de l’amiante se sont mobilisées vendredi à Paris pour dénoncer la présence de fibres d’amiante après l’explosion de l’usine chimique de Lubrizol à Rouen, a constaté une journaliste de l’AFP.

À l’appel de l’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva), plusieurs centaines de personnes, dont notamment des militants de l’association Addeva Rouen Métropole (déclinaison rouennaise de l’Andeva), ont manifesté dans le VIe arrondissement, au départ de la place Saint-Sulpice.

En tête de cortège, une rangée de baigneurs dans des poussettes. « Un symbole important parce qu’il exprime notre inquiétude pour les futures générations », explique Naïma dont le mari est mort cette année d’un cancer lié à l’amiante.

« La pollution de Lubrizol provoquera inévitablement des cancers dans quelques années. L’amiante a tué, tue et tuera encore, éradiquons-là ! », a tonné Huguette Mercier, présidente de l’association Addeva Rouen Métropole devant les manifestants pour la plupart vêtu d’un gilet jaune portant le sigle de leurs différentes associations.

Après le diagnostique de son expert, l’Andeva estime à « environ une douzaine de tonnes » l’amiante contenu dans la toiture de l’usine Lubrizol de Rouen. L’association a vivement critiqué les déclarations du préfet de Seine-Maritime et du directeur de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) selon lesquels il n’y avait aucun risque sanitaire lié à l’amiante autour du site.

« En tout état de cause, (ces déclarations) ne sont que la photographie de la situation à un endroit et à un moment précis. Rien n’autorise le directeur de la Dréal à extrapoler », a-t-elle estimé.

Sur les banderoles et pancartes, on pouvait lire: « Lubrizol coupable, l’État complice », « Aucun risque amiante ? Vous mentez Monsieur le Préfet ».

Mme Mercier, qui souhaite la création d’une commission d’enquête indépendante, a annoncé que son association déposerait « une plainte pour mise en danger de la vie d’autrui, pour que les responsabilités soient établies ».

Alain Bobbio, secrétaire national de l’Andeva, a rappelé que si son association avait « prévu de manifester sur la prévention du risque amiante dans les établissements scolaires et les hôpitaux construits avant l’interdiction du matériau en 1997 », « l’actualité nous a rattrapé ». « C’est la plus grande catastrophe industrielle, environnementale, la plus grande que la France ait connu depuis l’explosion d’AZF », a-t-il estimé.