POLLUTION Près de 50 000 morts prématurés en France

juillet 17, 2017 10:26 Publié par

C’est une première: le Conseil d’État a sommé hier le gouvernement d’agir contre la pollution de l’air, qui provoque près de    50 000 morts prématurées par an (soit environ 15 fois plus que les accidents de la route).

Marseille mal placée

Le Conseil, saisi par l’association Les Amis de la Terre, « a enjoint au Premier ministre et au ministre chargé de l’Environnement » de prendre, « dans le délai le plus court possible« , « toutes les mesures nécessaires » pour ramener les concentrations de particules PM10 (diamètre inférieur ou égal à 10 microns) et de dioxyde d’azote (NO2) en dessous des valeurs limites autorisées, dans toutes les zones où elles étaient encore dépassées en 2015. C’était le cas dans douze zones pour le dioxyde d’azote, dont Paris, Marseille, Grenoble, Lyon, Strasbourg, Toulouse… et de trois pour les particules (Rhône-Alpes, Paris, Martinique).

Le gouvernement a jusqu’au 31 mars 2018 pour transmettre à la Commission européenne les plans sur la qualité de l’air élaborés pour ces zones. « C’est une grande première et l’aboutissement de onze ans de travail juridique« , a réagi le président de l’ONG, Florent Compain. »Surtout, ce n’est que le commencement, parce que l’Etat maintenant doit mettre en place des plans« , ajoute-t-il, rappelant que la pollution de l’air est un enjeu majeur de santé publique.

Cette décision, non assortie d’une astreinte, intervient alors que la France est visée par deux procédures lancées par Bruxelles sur la qualité de l’air, l’une concernant les dépassements des valeurs limites de PM10, l’autre celles de NO2.

Globalement, la pollution de l’air coûte plus de 100 milliards d’euros par an à la France, affirmait un rapport du Sénat en 2015. Dans l’Union européenne, à cause de la mauvaise qualité de l’air, plus de 400 000 citoyens meurent prématurément chaque année, selon la Commission européenne.

Patrick Coulomb