PROCES DE TURIN

février 16, 2013 7:39 Publié par Laissez vos commentaires

Le 14 février, s’ouvrait devant la cour d’appel de Turin le deuxième procès Eternit. Des victimes françaises et belges étaient venues apporter leur solidarité aux victimes italiennes.

Il y a un an le tribunal de Turin condamnait le Suisse Stephan Schmidheiny et le Belge Louis de Cartier de Marchienne, actionnaires majoritaires de la multinationale de l’amiante-ciment, à 16 ans de prison. Dans ce procès géant, dont les audiences avaient duré près de deux ans, il y avait 6000 parties civiles, dont 800 victimes et les familles de près de 2000 personnes décédées de Casale Monferrato, Cavagnolo, Rubiera et Naples.

Ce jugement exemplaire les avait aussi condamnés à verser plusieurs millions d’euros à des victimes et des familles ainsi qu’à l’Afeva, leur association, mais aussi aux institutions locales et régionales qui avaient dû assumer le coût des travaux de dépollution, et à l’INAIL (la Sécurité sociale italienne) qui les avait indemnisées.

Comme le prévoit la loi italienne, Schmidheiny et de Cartier devaient verser ces sommes au titre d’acomptes provisionnels, dans l’attente du montant définitif des indemnisations que doivent fixer des juridictions civiles. Ils ont refusé de le faire, mettant ainsi les victimes et les familles dans l’impossibilité pratique d’assumer les frais d’une coûteuse procédure internationale de recouvrement des sommes dues.

Le 14 février devant la Cour d’appel, Schmidheiny et de Cartier – qui n’avaient assisté à aucune des 83 audiences en première instance – s’étaient une nouvelle fois fait représenter par leurs avocats. Mais du côté des victimes, la mobilisation et la solidarité internationale étaient au rendez-vous.

Les victimes de Casale Monferrato avaient, une nouvelle fois, rempli la salle d’audience. Une semaine plus tôt 1500 personnes avaient participé à une marche aux flambeaux dans la ville, confirmant une fois encore leur formidable capacité de mobilisation.

Le 14 février, arrivés en bus et en voitures près d’une centaine de victimes, de veuves de l’amiante et de syndicalistes sont venus soutenir les victimes italiennes : Le Caper Bourgogne, les Caper Nord et Sud Isère, l’Aldeva Andancette, le Caper Ardèche étaient présents pour l’Andeva ainsi que le syndicat CFDT des mineurs de Lorraine sont présents.

La matinée commence par un rassemblement devant le Palais de Justice de Turin avec de brèves interventions des trois associations (italienne, belge et française) : Bruno Pesce pour l’Afeva, Eric Joncklheere pour l’Abeva et Alain Bobbio pour l’Andeva.

Puis les victimes françaises se retrouvent dans une grande salle du Palais de Justice où l’audience doit être retransmise sur grand écran. Une audience finalement assez brève, surtout consacrée à valider la liste des parties en présence et de leurs avocats. Quand elle est terminée, les victimes italiennes rejoignent les victimes françaises dans la grande salle, où se trouvent déjà une centaine d’écoliers et de jeunes de Casale Monferrato. Romana Blasotti Pavesi et Eric Jonckheere, qui ont tous deux vus leur famille décimée par l’amiante d’Eternit, sont à la tribune. Après la présentation de la situation dans les trois pays, un dialogue s’engage avec la salle.